Notifications des nouveaux articles

Recevez une alerte à chaque nouvel article publié. Vous pouvez vous désabonner ici à tout moment. Aucun abonnement sans votre accord.

Confidentialité et données enregistrées
Toutes les actualités
Portraits & Légendes Publié le 25 octobre 2026 · 00 h 01 · 2 minPar Massimo Cara

ANTONIO CASSANO : LE GÉNIE QU'IL PRÉTEND ÊTRE, LA LÉGENDE QU'IL N'EST JAMAIS DEVENUE

Antonio Cassano affirme avoir été plus fort que Roberto Baggio. Une déclaration qui en dit long sur un ancien prodige dont le talent n'a jamais trouvé la carrière qu'il méritait. Entre potentiel gaspillé, provocations médiatiques et comparaisons démesurées, Calcio Italia Live revient sur le paradoxe Cassano : un joueur qui parle aujourd'hui comme s'il avait accompli tout ce qu'il n'a fait qu'entrevoir.

Commentaires …
WhatsAppFacebook

ANTONIO CASSANO : LE GÉNIE QU'IL PRÉTEND ÊTRE, LA LÉGENDE QU'IL N'EST JAMAIS DEVENUE

Antonio Cassano a encore frappé. Cette fois, sa cible s'appelle Roberto Baggio. Rien que ça.

L'ancien attaquant italien estime avoir été supérieur au Divin Codino. Pour justifier son jugement, il minimise le passage de Baggio dans plusieurs grands clubs italiens, affirmant notamment qu'il aurait surtout brillé à Bologne, à Brescia et en sélection.

On pourrait presque admirer l'audace. Mais à un moment, il faut distinguer l'assurance de la démesure.

Car lorsque Cassano parle de Roberto Baggio, une question s'impose : de quel sommet de sa propre carrière parle-t-il exactement ?

CASSANO : L'HOMME QUI CONFOND LE TALENT AVEC LA GRANDEUR

Commençons par lui rendre ce qui lui appartient.

Antonio Cassano était un joueur extraordinairement doué. Une technique naturelle, une vision du jeu remarquable, une créativité rare et cette capacité à inventer une passe que personne d'autre n'avait imaginée.

À Bari, puis à la Roma, il avait tout du phénomène annoncé. À la Sampdoria, il a également rappelé pourquoi tant de passionnés avaient cru en lui.

Personne de sérieux ne peut nier son talent.

Mais le football possède une vérité que Cassano semble parfois oublier : être capable de devenir immense ne signifie pas être devenu immense.

Il y a les promesses et les réalisations. Les gestes de génie et les saisons de domination. Le potentiel et l'histoire.

Cassano avait les promesses. Baggio a écrit l'histoire.

ROBERTO BAGGIO : UNE CARRIÈRE QUE CASSANO SEMBLE AVOIR OUBLIÉE

Selon le raisonnement de Cassano, Roberto Baggio aurait surtout été exceptionnel avec l'Italie, à Bologne et à Brescia. Ses passages à la Juventus, au Milan et à l'Inter seraient nettement moins convaincants.

Voilà une lecture particulièrement sélective de l'histoire du Calcio.

À la Juventus, Baggio remporte le Ballon d'or en 1993. La même année, il conduit les Bianconeri à la victoire en Coupe UEFA. En 1995, il participe au Scudetto remporté par Turin.

Au Milan, il est champion d'Italie dès sa première saison, en 1995-1996. Son aventure milanaise ne représente certes pas le sommet de sa carrière, mais la réduire à un échec serait une caricature.

À l'Inter, son passage est plus irrégulier, marqué notamment par des difficultés avec Marcello Lippi. Personne n'a besoin de réécrire cette période pour défendre Baggio.

Car sa grandeur ne repose pas sur une carrière parfaite.

Elle repose sur des accomplissements réels, des performances exceptionnelles et une influence qui traverse les générations.

Le Ballon d'or 1993 n'a pas été attribué à une hypothèse. Il a été remis à Roberto Baggio.

ET CASSANO, QU'A-T-IL RÉELLEMENT ACCOMPLI ?

Puisqu'Antonio Cassano aime comparer les carrières, comparons-les.

À la Roma, il a montré un talent exceptionnel, mais sans devenir le patron incontesté d'une génération.

Au Real Madrid, son aventure s'est transformée en immense occasion manquée. Son passage a davantage marqué les mémoires par ses difficultés que par ses exploits.

À la Sampdoria, il a retrouvé du plaisir, du football et une influence offensive remarquable.

Au Milan, il a remporté le Scudetto 2010-2011. Un titre qui compte, évidemment. Mais personne ne peut sérieusement prétendre qu'il a dominé le football européen comme Baggio a pu marquer son époque.

À l'Inter, il a encore démontré ses qualités techniques sans parvenir à s'inscrire durablement dans un projet victorieux.

Son parcours mérite le respect dû à un international italien de haut niveau. Mais il ne justifie pas toutes les comparaisons.

Cassano possède une carrière dont beaucoup de joueurs rêveraient. Le problème commence lorsqu'il veut la faire passer pour celle d'un monument du football.

LE PLUS GRAND JOUEUR DU MONDE... AU CONDITIONNEL

L'argument préféré de Cassano est devenu presque fascinant.

S'il avait été plus sérieux. S'il avait travaillé davantage. S'il avait atteint son véritable potentiel.

Alors, selon lui, il aurait dépassé Baggio, Totti et Del Piero.

Mais depuis quand distribue-t-on des places au panthéon du football sur la base de ce qui aurait pu arriver ?

Avec des « si », chaque prodige devient Ballon d'or, chaque talent gâché devient champion du monde et chaque carrière inachevée devient une légende.

La différence, c'est que les autres ont transformé leur talent en performances répétées.

Baggio a remporté le Ballon d'or.

Totti a incarné la Roma pendant plus de deux décennies et remporté le Soulier d'or européen.

Del Piero a remporté la Ligue des champions, plusieurs Scudetti et la Coupe du monde 2006.

Cassano, lui, nous explique encore ce qu'il aurait fait dans une carrière idéale.

Le football ne récompense pas les carrières imaginaires.

HIER BAGGIO ÉTAIT LE MEILLEUR, AUJOURD'HUI IL SERAIT INFÉRIEUR À CASSANO

Et voici peut-être le passage le plus révélateur de cette affaire.

En 2021, Cassano présentait Roberto Baggio comme le plus grand numéro 10 italien, saluant son intelligence, son talent et son Ballon d'or.

Puis, en 2026, le discours change.

Baggio aurait finalement moins bien réussi dans les grands clubs. Cassano se serait préféré comme créateur et comme génie.

Alors, que faut-il comprendre ?

Baggio a-t-il soudainement perdu ses qualités vingt ans après sa retraite ? Son Ballon d'or a-t-il disparu ? Ses exploits ont-ils été effacés ?

Ou Cassano a-t-il simplement changé de discours ?

Nous n'avons pas besoin de prétendre connaître ses motivations personnelles. Le contraste entre ses déclarations suffit à soulever une question de crédibilité.

Quand le classement des légendes change au gré des interventions, on finit par se demander si l'objectif est encore de parler football.

LA PROVOCATION EST DEVENUE SON DEUXIÈME MÉTIER

Depuis sa retraite, Cassano s'est imposé comme une voix particulièrement tranchante du débat footballistique italien.

Il critique les entraîneurs, conteste les réputations, juge les champions et n'hésite pas à bousculer les idoles populaires.

Qu'il donne son avis, c'est parfaitement légitime.

Mais avoir le droit de critiquer ne dispense pas de la cohérence.

Et être un ancien grand joueur ne rend pas automatiquement chaque jugement pertinent.

Il existe une différence entre proposer une analyse courageuse et transformer systématiquement une opinion en déclaration fracassante.

À force de vouloir surprendre, on risque de ne plus convaincre.

À force de chercher la formule la plus spectaculaire, on risque de sacrifier la nuance.

Et à force de se comparer aux plus grands, on finit par attirer l'attention sur ce qu'on n'a pas accompli.

Cassano voulait peut-être défendre son talent. Il a surtout rouvert le procès de sa propre carrière.

LE RESPECT NE S'ARRACHE PAS À COUPS DE DÉCLARATIONS

Roberto Baggio n'a pas besoin que Cassano valide sa carrière.

Francesco Totti n'a pas besoin d'être reconnu par son ancien coéquipier.

Alessandro Del Piero n'a pas besoin d'une permission pour appartenir à l'histoire de la Juventus et du football italien.

Leurs accomplissements parlent pour eux.

Cela ne signifie pas que Cassano était un joueur ordinaire. Bien au contraire.

Il aurait pu laisser le souvenir d'un talent rare, imprévisible et spectaculaire. Un footballeur dont les gestes suffisaient à rappeler la beauté du jeu.

Mais en cherchant régulièrement à se mesurer aux légendes, il invite lui-même à comparer les résultats.

Et cette comparaison ne lui rend pas service.

Le génie est une qualité. La grandeur est une construction.

La première peut surgir en un instant. La seconde exige des années.

LE VERDICT DE CALCIO ITALIA LIVE : LE FOOTBALL SE JOUE SUR LE TERRAIN, PAS DANS LES HYPOTHÈSES

Antonio Cassano était un immense talent. Il aurait pu accomplir davantage. Il aurait peut-être pu devenir l'un des meilleurs joueurs de sa génération.

Mais il ne l'est pas devenu au niveau qu'il revendique aujourd'hui.

Ce constat n'est pas une insulte. C'est la différence entre un potentiel et un héritage.

Nous ne reprochons pas à Cassano d'avoir une haute opinion de lui-même. Nous lui reprochons de vouloir utiliser une carrière hypothétique pour rabaisser des carrières bien réelles.

Roberto Baggio n'était pas parfait. Totti non plus. Del Piero non plus.

Mais tous trois ont construit une œuvre footballistique qui résiste au temps, aux critiques et aux déclarations.

Cassano peut refaire le classement autant de fois qu'il le souhaite.

Il peut se déclarer plus technique, plus créatif, plus génial.

Il peut expliquer pendant des heures ce qu'il aurait été avec davantage de discipline.

Une chose ne changera pas.

Baggio a remporté le Ballon d'or. Cassano a remporté le championnat des « si ».

Et ce championnat-là n'a jamais figuré au palmarès de la Serie A.

CALCIO ITALIA LIVE — ÉDITORIAL

Synthèse originale Calcio Italia

Le texte ci-dessus est une synthèse originale et non une reproduction des publications consultées.

Sources, crédits et licence

Source éditoriale : Calcio Italia Live — Éditorial original, analyse et opinions. Déclarations analysées : Antonio Cassano, interventions publiques dans Viva El Futbol concernant Roberto Baggio, Francesco Totti et Alessandro Del Piero. Crédit photographique : Илья Хохлов / Football.ua Photographie : Antonio Cassano lors d'Italie–Angleterre, Euro 2012 (25 juin 2012). Source de la photographie : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Antonio_Cassano_Euro_2012_vs_England.jpg Licence : Creative Commons Attribution – Partage dans les mêmes conditions 3.0 (CC BY-SA 3.0). Lien de la licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Le calcio se discute aussi sur Facebook

Retrouvez nos articles et échangez sur la Serie A, le mercato et les Azzurri avec Calcio Italia Live.

Suivre Calcio Italia Live sur Facebook (nouvel onglet)

Le calcio vous passionne ?

Retrouvez Calcio Italia Live dans les préférences de sources Google et sélectionnez notre site s’il vous est proposé.

Suivre Calcio Italia Live sur Google (nouvel onglet)

L’espace des supporters

Votre avis sur l’article ? Débattez avec respect. Les commentaires sont publiés immédiatement. Un filtre bloque les gros mots détectés.

Avant de participer, consultez les conditions d’utilisation. Pour signaler un message, contactez la rédaction avec le lien de l’article, le pseudo et la date du commentaire.

Seuls votre pseudo et votre message sont publics. Vous pouvez utiliser Google ou ChatGPT ; votre e-mail n’est pas affiché dans les commentaires. Confidentialité

Commentaires

Chargement…