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Il Calcio Secondo Giu Publié le 3 novembre 2026 · 22 h 37 · 2 minPar Giuliano Cara

FILIPPO INZAGHI : L’HOMME NÉ HORS-JEU

Filippo Inzaghi, dit « SuperPippo », n’a jamais été un virtuose du ballon. Son talent se trouvait ailleurs : un sens du placement exceptionnel et cette capacité presque inexplicable à surgir au bon endroit, au bon moment. Souvent moqué pour ses positions à la limite du hors-jeu, ce renard des surfaces à l’ancienne a pourtant inscrit plus de 300 buts au cours de sa carrière. Des débuts en Italie jusqu’aux grandes heures du Milan d’Ancelotti, Inzaghi s’est forgé une place parmi les attaquants les plus redoutables de sa génération.

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FILIPPO INZAGHI : L’HOMME NÉ HORS-JEU

Un instinct de buteur hors du commun

L’ascension de Filippo Inzaghi en Serie A se fait relativement tardivement. À 22 ans, Pippo découvre l’élite avec Parme en 1995. Jusque-là, il a surtout évolué dans les divisions inférieures, notamment à Plaisance, son club formateur. Sa première saison parmi l’élite est compliquée : il inscrit seulement quatre buts en 22 apparitions. Mais l’année suivante, sous les couleurs de l’Atalanta, il change complètement de dimension. Avec 24 réalisations, il termine meilleur buteur du championnat et attire l’attention des plus grands clubs italiens.

Ses performances lui ouvrent les portes de la Juventus, qu’il rejoint à l’été 1997. Il y passe quatre saisons et confirme rapidement son efficacité sur la scène européenne. Avec 27 buts en 34 rencontres de Coupe d’Europe sous le maillot bianconero, Inzaghi affiche un rendement impressionnant. Son doublé face à Manchester United, en demi-finale retour de la Ligue des champions 1999, illustre parfaitement son efficacité dans les grands rendez-vous. En inscrivant deux buts dans les onze premières minutes, il permet à la Juventus de prendre une avance de deux buts. Mais les Anglais renversent la rencontre et s’imposent 3-2 à Turin, éliminant ainsi les Italiens.

En quatre saisons à Turin, Inzaghi enrichit également son palmarès avec trois trophées : un Scudetto en 1998, une Supercoupe d’Italie en 1997 et une Coupe Intertoto en 1999. Il quitte finalement le club en 2001 pour rejoindre l’AC Milan. La Juventus fait alors le choix de miser sur David Trezeguet, arrivé un an plus tôt. Un départ qui marque la fin d’un chapitre important dans la carrière de Pippo, mais certainement pas celle de son histoire européenne.

Le Milan, son royaume

Inzaghi débarque à Milan à l’été 2001 pour un montant de 70 milliards de lires. Il y passe onze saisons, remporte dix trophées et s’inscrit durablement dans le cœur des tifosi rossoneri. Après une première saison en demi-teinte, durant laquelle il inscrit tout de même 16 buts en 36 rencontres, l’exercice 2002-2003 marque un premier tournant. Pippo retrouve son efficacité et devient l’un des principaux artisans du parcours milanais en Ligue des champions.

Avec 12 réalisations, barrages compris, il termine parmi les grands buteurs de la compétition. Face à l’Ajax, en quart de finale, Inzaghi régale les supporters d’un superbe lob qui semble prendre le chemin des filets. Jon Dahl Tomasson accompagne finalement le ballon au fond des cages et se voit crédité du but. Mais pour les tifosi rossoneri, il n’y a aucun doute : ce but est celui de Pippo.

Le Milan poursuit sa route jusqu’en finale, où il retrouve la Juventus. Après un match nul (0-0), les Rossoneri s’imposent aux tirs au but et décrochent la Ligue des champions, la sixième de l’histoire du club. Quelques jours plus tard, Inzaghi ajoute également la Coupe d’Italie à son palmarès après une finale remportée contre l’AS Roma (6-3 sur l’ensemble des deux matches). En quelques semaines, il contribue ainsi à offrir deux trophées majeurs au club lombard.

Les saisons suivantes sont plus difficiles pour SuperPippo. Des blessures à répétition l’empêchent d’enchaîner les rencontres et de retrouver son efficacité habituelle. Il participe tout de même au nouveau sacre milanais en championnat en 2004, avant d’assister depuis les tribunes à la cruelle désillusion d’Istanbul en 2005. La saison suivante, il retrouve progressivement les terrains et se montre de nouveau précieux en Ligue des champions, notamment avec des doublés face au Bayern Munich et à Lyon.

L’exercice 2006-2007 est une nouvelle fois perturbé par les problèmes physiques. Alberto Gilardino lui dispute également une place dans le onze de départ. Inzaghi parvient néanmoins à se distinguer en Europe : après avoir marqué lors des barrages et dès le premier match de la phase de groupes, il connaît une période plus discrète avant de retrouver le chemin des filets en quart de finale retour face au Bayern Munich, l’une de ses victimes préférées. Le Milan poursuit sa route et retrouve Liverpool en finale, à Athènes.

Le 23 mai 2007, Inzaghi est pourtant loin de faire l’unanimité au moment d’aborder cette rencontre. Son état physique est tellement préoccupant que, selon l’anecdote rapportée autour de cette finale, plusieurs joueurs milanais auraient même demandé à Carlo Ancelotti de ne pas le titulariser, estimant qu’il était « à moitié mort ». L’entraîneur italien décide pourtant de lui maintenir sa confiance. Il connaît son attaquant et sait que ces soirées sont faites pour lui.

Cette confiance va être récompensée de la plus belle des manières. Auteur d’un doublé, Inzaghi offre la victoire aux Rossoneri (2-1) et prend une revanche éclatante sur la finale d’Istanbul. Une performance à jamais gravée dans la mémoire des tifosi. Ce soir-là, l’attaquant italien fait taire les derniers doutes et devient l’un des grands héros de l’histoire européenne du Milan.

Après cette soirée d’Athènes, Inzaghi continue d’étoffer son palmarès avec la Supercoupe de l’UEFA et la Coupe du monde des clubs en 2007. Son rôle évolue progressivement, les blessures et la concurrence le reléguant davantage sur le banc. Mais il n’a pas encore dit son dernier mot. En novembre 2010, face au Real Madrid, il inscrit encore un doublé en Ligue des champions et rappelle qu’il reste capable de faire basculer une rencontre. En 2011, il ajoute un dernier Scudetto et une Supercoupe d’Italie à sa collection. Il quitte finalement le Milan en 2012, après onze saisons et 126 buts, avec une place à part dans l’histoire du club.

Bien plus qu’un renard des surfaces

Avec la Nazionale, Inzaghi connaît également de belles heures. Il compte 57 sélections et 25 buts sous le maillot italien. Il participe à la Coupe du monde 1998 en France, où les Azzurri atteignent les quarts de finale avant d’être éliminés par la France aux tirs au but. Deux ans plus tard, il prend part à l’Euro 2000, dont l’Italie dispute également la finale face aux Français. Le Mondial 2002 en Corée du Sud et au Japon se termine en revanche prématurément, avec une élimination en huitièmes de finale face à la Corée du Sud.

Mais c’est en Allemagne, quatre ans plus tard, qu’il connaît la consécration ultime. Sacré champion du monde en 2006, Inzaghi ne dispute qu’une trentaine de minutes durant le tournoi. Il profite néanmoins de son passage sur le terrain pour trouver le chemin des filets face à la République tchèque. Une dernière grande récompense internationale pour un attaquant qui aura marqué son époque.

Au-delà de son palmarès, Inzaghi reste surtout un joueur à part. Peu spectaculaire dans le jeu et rarement impliqué dans la construction, il compense ses limites techniques par une lecture du jeu et un sens du placement exceptionnels. Toujours à l’affût, souvent à la limite du hors-jeu, il possède cette faculté de prévoir les trajectoires et d’anticiper les erreurs adverses. Sir Alex Ferguson résume parfaitement cette particularité avec une formule restée célèbre : « That lad must have been born offside » (« Ce garçon a dû naître hors-jeu »).

Cette réputation ne doit pourtant pas faire oublier le travail qui se cache derrière ses performances. Gennaro Gattuso raconte qu’Inzaghi étudie les vidéos de ses adversaires pendant des jours, mémorisant leurs habitudes et leurs faiblesses. Pippo cherche notamment à identifier les défenseurs les plus vulnérables et les déplacements qui pourraient lui permettre de les prendre à défaut. Son efficacité ne repose donc pas uniquement sur un don naturel, mais aussi sur une préparation minutieuse.

Plus de 300 buts, deux Ligues des champions, une Coupe du monde et onze saisons passées à Milan : le palmarès d’Inzaghi parle de lui-même. Pourtant, sa singularité dépasse largement les chiffres. À une époque où l’attaquant est de plus en plus associé à sa participation au jeu collectif, Pippo a prouvé qu’une autre voie était possible. Il n’avait pas besoin de multiplier les gestes techniques ni de participer à chaque action pour faire la différence. Son sens du but, sa lecture du jeu et son travail de préparation ont suffi à faire de lui un attaquant redouté par les plus grandes défenses européennes. Inzaghi n’aura jamais été le plus élégant, mais il aura été l’un de ceux que les défenseurs détestaient le plus affronter.

Il Calcio Secondo Giu

Cette chronique exprime le point de vue personnel de son auteur.

Sources, crédits et licence

Chronique : IL CALCIO SECONDO GIU Rédaction et analyse : Giu — Calcio Italia Live Création visuelle : Calcio Italia Live Crédits éditoriaux : ©️ Calcio Italia Live 2026 — Tous droits réservés. Sources : Analyses et opinions personnelles de l'auteur. Les sources factuelles spécifiques sont indiquées dans l'article lorsqu'elles sont utilisées.

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