Et maintenant, regardons ce que cette Italie peut devenir...
Il y a une semaine, après le 0-2 contre la Belgique, certains avaient déjà ressorti les grandes phrases. L’Italie allait mal, cette nouvelle Squadra ne ressemblait à rien, il fallait tout changer… Bref, on connaît la chanson.
Puis est arrivé Bursa.
Un 4-1 contre la Turquie, une équipe beaucoup plus convaincante, de nouveaux joueurs qui prennent leurs responsabilités et surtout cette sensation que quelque chose était peut-être en train de naître.
Et puis Saint-Denis.
Face à la France, l’Italie n’a pas gagné. Mais elle a ramené un 1-1 qui vaut beaucoup plus qu’un simple point. Menée au score, elle a su réagir, tenir face à une équipe remplie de talents et revenir dans la partie avec ce but de Bastoni qui symbolise finalement assez bien cette nouvelle Italie : elle tombe, elle doute, mais elle se relève.
Alors oui, maintenant, regardons jusqu’où cette Squadra Azzurra peut aller.
Ne pas gâcher ce qui vient de commencer
Lundi soir, au Dall’Ara, la Turquie revient sur notre chemin. Une équipe déjà battue 4-1 quelques jours plus tôt et qui n’a toujours pas pris le moindre point.
Sur le papier, l’occasion paraît idéale.
Mais c’est justement là que je me méfie.
Parce qu’une équipe en reconstruction ne se juge pas uniquement lorsqu’elle joue un grand match contre la France. Elle se juge aussi lorsqu’elle doit enchaîner contre un adversaire que tout le monde considère déjà comme battu.
Cette Italie doit apprendre à gagner ce genre de rencontres. À ne pas retomber dans ses travers. À comprendre que, même lorsqu’on est favorite, rien n’est jamais acquis et que chaque match doit servir à construire quelque chose.
Bursa n’était pas un accident. Saint-Denis ne doit pas être une parenthèse.
Une rotation, oui. Mais surtout un groupe qui grandit
Roberto Mancini devrait encore modifier son onze.
Barella devrait retrouver une place de titulaire, Tonali pourrait enfin souffler après avoir tout joué, tandis que Romano, Doumbia, Vergara, Cambiaghi ou Scamacca pourraient avoir leur chance.
Et c’est une bonne chose.
Parce qu’on parle souvent de onze titulaires, alors qu’une sélection se construit avec tout un groupe. Mancini doit donner à chacun le sentiment qu’il compte. C’est aussi comme cela qu’on crée une équipe.
Il faut faire souffler ceux qui en ont besoin, donner du temps de jeu aux autres, mais conserver cette identité que l’on commence enfin à apercevoir.
Et puis il y a les nouveaux visages.
Kayode, Vergara, Doumbia, Romano… et surtout Samuel Inacio.
Celui-là, je veux vraiment le voir.
Pas pour faire joli sur une feuille de match, pas simplement pour dire qu’un nouveau nom est apparu. J’ai envie de voir ce qu’il peut apporter à cette Squadra. Il est là, il a cette opportunité devant lui, et si Mancini estime que le moment est venu, alors qu’il lui donne sa chance.
Même quelques minutes pourraient être importantes. Parce qu’une reconstruction, c’est aussi ça : donner la possibilité à ceux qui arrivent de montrer qu’ils peuvent faire partie de l’histoire qui est en train de s’écrire.
Et si on arrêtait enfin de vouloir tout, tout de suite ?
C’est peut-être ça que j’aimerais surtout retenir de cette semaine.
On voulait une réponse après la Belgique. L’Italie nous a donné un 4-1.
On voulait savoir si elle pouvait tenir face à une grande équipe. Elle est allée chercher un 1-1 en France.
Maintenant, on lui demande déjà de gagner, de se qualifier, de convaincre, de faire oublier les dernières années et pourquoi pas de redevenir immédiatement la grande Nazionale que nous avons connue…
Piano !
Cette équipe est encore en construction.
Elle cherche ses automatismes, elle intègre de nouveaux visages, elle donne de l’espace à des joueurs qui, il y a encore quelques semaines, n’étaient même pas forcément destinés à porter ce maillot.
Alors oui, on peut être exigeants.
Mais on peut aussi être patients.
Parce que peut-être que cette fois, au lieu de regarder uniquement ce que cette Italie n’est pas encore, nous devrions commencer à regarder ce qu’elle pourrait devenir.
Avancer, sans brûler les étapes
Au classement, l’enjeu est évidemment important.
La France est devant, la Belgique reste à portée de tir, mais pour cette Italie en construction, l’essentiel est surtout de continuer à avancer, match après match, sans brûler les étapes.
Mais pour moi, lundi soir, le résultat ne sera pas la seule chose à regarder.
Je veux voir une équipe qui continue à jouer comme elle l’a fait à Bursa.
Je veux voir une équipe qui garde le caractère montré au Stade de France.
Je veux voir les nouveaux prendre leurs responsabilités, les cadres continuer à montrer le chemin et Mancini poursuivre cette rotation intelligente qui permet à tout le monde de participer à cette nouvelle aventure.
Et surtout, je veux voir Samuel Inacio entrer sur ce terrain. Lui aussi doit avoir la possibilité de montrer ce qu’il peut apporter à cette nouvelle aventure.
Il y a une semaine, on cherchait des raisons d’y croire.
Aujourd’hui, on en a déjà quelques-unes.
Alors maintenant, à nous de ne pas les perdre.
On se retrouve bientôt… et surtout, soyez fair-play 😉.
Forza Italia 🇮🇹💙
