Paris appelle, l’Italie répond. Du moins, je l’espère vraiment. Ce soir, au Stade de France, les Azzurri vont passer leur premier véritable examen depuis le début de ce nouveau parcours. Après la défaite contre la Belgique et la belle réaction en Turquie avec ce 4-1, l’Italie retrouve une équipe française qui, elle, a remporté ses deux premières rencontres de cette Nations League.
Un match forcément particulier. En face, une France remplie de talent, même privée de Kylian Mbappé, et surtout une équipe qui semble déjà bien installée dans son nouveau cycle avec Zinedine Zidane. Olise, Dembélé, Doué… les Bleus ont de quoi faire mal, très mal.
Mais Mancini ne veut pas d’une Italie qui se contente de subir. Son message avant la rencontre est clair : il faudra avoir le courage de jouer. Posséder le ballon, attaquer avec plusieurs joueurs et surtout ne pas passer nonante minutes à défendre dans sa propre moitié de terrain.
Et finalement, c’est peut-être cela que j’attends le plus de cette soirée. Pas forcément une victoire, pas forcément un exploit, mais une Italie qui ose. Une Italie qui ne renie pas ses idées simplement parce que l’adversaire s’appelle la France.
La défaite contre la Belgique avait laissé quelques interrogations autour de cette nouvelle Nazionale. Puis est venue la réponse en Turquie, avec un succès convaincant qui a permis de remettre un peu de sérénité autour du groupe.
Mais Paris, c’est autre chose.
La France arrive avec deux victoires et un statut qui impose forcément le respect. Et c’est justement pour cela que ce match peut être intéressant pour l’Italie. Mancini sait que les Bleus sont plus avancés dans leur parcours, mais il veut profiter de cette rencontre pour comprendre où en est réellement son équipe.
« Ils sont plus avancés que nous dans le parcours : nous savons que ce sera difficile, mais ce sera un match qui nous dira quelque chose sur ce que nous pouvons donner dans les prochains mois », expliquait il Mancio.
Voilà peut-être le vrai enjeu de cette soirée : voir comment cette Italie en reconstruction réagit lorsqu’elle se retrouve face à une équipe de très haut niveau.
Jouer, surtout ne pas renoncer
Mancini l’a répété : l’objectif est de jouer.
« Nous devons les contrer dans la possession du ballon et attaquer avec beaucoup de joueurs. Notre objectif est d’essayer de jouer. »
J’aime cette idée. Parce que cette Nazionale doit encore se construire, trouver ses repères et permettre à ses jeunes de grandir. Et pour grandir, il faut aussi accepter de se mesurer aux meilleurs.
Bien sûr, la France peut nous faire mal. Elle possède une qualité individuelle énorme et le moindre espace peut coûter cher. On l’a déjà vu contre la Belgique : les espaces laissés derrière avaient été immédiatement exploités par les joueurs belges. Et on l’a encore aperçu en fin de match contre la Turquie, lorsque l’Italie a commencé à laisser davantage d’espaces. Face à une équipe française de cette qualité, il faudra donc être particulièrement vigilant.
Mais si l’Italie passe son temps à reculer, elle finira forcément par subir.
Alors autant essayer. Autant jouer.
Paris, encore Paris…
La France fait évidemment remonter quelques souvenirs dans l’histoire de la Nazionale.
Il y a deux ans, l’Italie avait remporté une belle victoire 3-1 au Parc des Princes. Une soirée malheureusement restée sans véritable continuité dans le parcours qui avait suivi.
Cette fois, le rendez-vous est au Stade de France. Un stade dans lequel l’Italie n’a jamais gagné lors de ses deux précédentes apparitions...
En 1998, la France de Zidane avait éliminé les Azzurri en quarts de finale de la Coupe du monde aux tirs au but.
Puis, en 2006, quelques mois avant la soirée magique de Berlin, les Bleus s’étaient imposés 3-1 dans les qualifications européennes, avec notamment un doublé de Govou.
Des souvenirs qui appartiennent à une autre époque, évidemment. Mais ce soir, Zidane sera encore là. Cette fois, non plus avec le maillot bleu sur les épaules, mais sur le banc de la France.
Et dans cette soirée particulière, il y aura aussi une autre curiosité : Gianluigi Donnarumma connaît bien Paris, mais il n’a encore jamais joué au Stade de France. Lors de la finale de la Coupe de France 2025 remportée par le PSG contre Reims, il était resté sur le banc derrière Safonov. Ce soir, il devrait être l’un des hommes chargés de guider cette jeune Nazionale.
Une Nazionale qui, justement, pourrait encore faire une belle place à sa jeunesse. D’après les dernières informations publiées par les médias italiens, Kayode devrait débuter sur le côté droit, tandis que le secteur offensif serait composé des deux frères Esposito, Pio et Sebastiano, avec Vergara pour compléter le trident.
Si elle se confirme, cette composition sera évidemment intéressante à voir face à une équipe comme la France.
Les médias italiens annoncent ainsi un 4-3-3 avec Donnarumma ; Kayode, Scalvini, Bastoni, Calafiori ; Barella, Tonali, Fagioli ; Vergara, Pio Esposito, Sebastiano Esposito.
Mais attention, cela reste une formation probable. Mancini avait lui-même expliqué avant la rencontre qu’il lui restait encore quelques doutes et qu’il attendrait le dernier entraînement avant de prendre ses décisions définitives.
Une montagne à gravir, mais surtout une occasion
Ce soir, l’Italie va donc se retrouver face à une montagne.
Mais les montagnes sont aussi faites pour être escaladées.
Après la Belgique, il y a eu la réaction en Turquie. Maintenant, il faut voir ce que cette équipe peut montrer contre une France qui représente aujourd’hui un tout autre niveau de difficulté.
Je l’avais déjà dit dans un précédent Momento Gaby : je veux laisser du temps à cette nouvelle Squadra. Un projet ne se construit pas en quelques jours, encore moins en quelques matches. Il faudra de la patience, des erreurs, des ajustements et surtout du temps pour que cette équipe trouve véritablement son identité.
Alors non, je ne demande pas aux Azzurri de devenir parfaits en une soirée. Je demande simplement de voir une équipe qui croit en ce qu’elle fait. Une équipe qui joue, qui ose, qui attaque et qui accepte aussi de prendre quelques risques.
Parce que cette Italia est encore en train de se construire. Et peut-être que le plus important, ce soir, ne sera pas uniquement le résultat, mais de continuer à voir cette nouvelle Squadra prendre forme. Petit à petit. Match après match.
Parce que c’est peut-être comme cela que cette nouvelle Italia finira par trouver son identité.
Mancini le résume d’ailleurs avec une phrase que j’aime beaucoup : « Quand tu affrontes des équipes aussi fortes, tu ne joues jamais pour ne pas gagner. »
Alors ce soir, jouons.
Prenons du plaisir, comme le demande le sélectionneur. Et surtout, voyons jusqu’où cette nouvelle Squadra peut aller lorsqu’elle décide de regarder la montagne droit dans les yeux.
On se retrouve bientôt et soyez fair-play 😉...
Forza Italia 🇮🇹💙
