DONNARUMMA - 6,5
Une soirée plutôt tranquille pour Gigione, même si la Turquie lui aura quand même donné quelques petites sueurs froides. Il ne peut absolument rien faire sur l’égalisation de Şimşir, mais sort surtout l’arrêt qui compte vraiment devant Özcan pour empêcher les Turcs de passer devant. Toujours propre au pied, même si certaines sorties aériennes ont parfois donné envie de fermer les yeux.
GIOVANNI DI LORENZO - 5,5
Pas vraiment le match qui va permettre à Di Lorenzo de reprendre de l’avance dans la course au poste. Trop lent dans ses interventions, pas suffisamment tranchant dans ses montées et surtout loin de dégager la grinta qu’on attend d’un latéral dans ce genre de rencontre. Son fameux centre qui amène le but de Scamacca ressemble d’ailleurs davantage à un concours de circonstances qu’à une véritable inspiration. Après la pause, ça devient encore plus compliqué, avec plusieurs approximations et cette énorme incompréhension avec Donnarumma qui aurait pu coûter l’égalisation. Cette fois, la concurrence a clairement marqué des points.
GIANLUCA MANCINI - 6
Mancini retrouve le onze et fait ce qu’on lui demandait : être sérieux, propre et ne pas faire de folies. Il intervient notamment pour empêcher Şimşir de faire trop de dégâts et participe correctement à la relance. On aimerait peut-être un peu plus de présence sur certains appels turcs, mais difficile de lui reprocher grand-chose. Pas flamboyant, pas inquiétant : du Mancini efficace, tout simplement.
ALESSANDRO BASTONI - 6,5
Bastoni continue tranquillement son opération reconquête. Toujours aussi élégant dans ses interventions et particulièrement à l’aise pour sortir le ballon, il a globalement passé une soirée assez confortable face aux attaquants turcs. Un peu moins précis dans son jeu long et pas totalement irréprochable sur l’égalisation, mais rien qui remette en question son statut. Quand Bastoni est en confiance, ça reste quand même une sacrée assurance tous risques derrière.
MATTEO RUGGERI - 6
Ruggeri a mis un petit moment avant de rentrer véritablement dans son match. L’Italie insiste énormément à droite et son couloir est parfois complètement oublié. Heureusement, il se réveille progressivement et ose davantage, avec notamment cette frappe du droit qui oblige le gardien turc à intervenir. Encore quelques déchets et un carton jaune dont il aurait pu se passer, mais il termine nettement mieux qu’il n’avait commencé.
NICOLÒ BARELLA - 6
Pas le Barella le plus spectaculaire, mais toujours aussi précieux lorsqu’il faut gérer les moments chauds. Il lui faut un peu de temps pour prendre les commandes de cette nouvelle ligne de milieu, avant de reprendre naturellement le contrôle des opérations. Et surtout, il obtient le coup franc puis délivre une véritable merveille de ballon pour la tête de Calafiori sur le 2-1. Du Barella tout simplement : pas besoin d’en faire des tonnes pour peser sur le match.
ALESSANDRO ROMANO - 6,5
Romano continue d’apprendre et, surtout, de montrer qu’il peut avoir sa place dans cette Nazionale. Il manque encore un peu de caractère lorsqu’il s’agit de diriger véritablement le jeu en regista, mais il compense par une bonne discipline et beaucoup de disponibilité. Et dès que Tonali entre, on le sent plus libéré dans un rôle de mezzala. Son ballon pour Pio sur le troisième but vient d’ailleurs récompenser cette évolution. Le chef d’orchestre n’est pas encore totalement installé derrière son pupitre, mais il commence à connaître la musique.
ISSA DOUMBIA - 6,5
Voilà un garçon qui n’a visiblement pas peur de mettre les pieds, les jambes, les épaules… bref, tout le physique ! Doumbia a encore beaucoup à apprendre, mais lorsqu’il se projette, il apporte immédiatement quelque chose de différent : de la puissance, du rythme et cette envie permanente d’aller vers l’avant. Il aurait pu être récompensé par un but, avant de participer à l’action qui amène finalement le troisième. Seul vrai regret, son absence sur Çelik au moment de l’égalisation. Pour une découverte, franchement, il y a de quoi avoir envie de revoir le garçon.
ANTONIO VERGARA - 7,5
Lui, il commence vraiment à devenir intéressant. Vergara a encore une fois mis du mouvement partout, avec cette capacité à accélérer, à se déplacer entre les lignes et à apporter quelque chose dès qu’il touche le ballon. Et quand il décide de provoquer son adversaire, on sent immédiatement que la Turquie n’est pas franchement à son aise. Il a également beaucoup travaillé pour son équipe, avec une quantité de récupérations de ballon assez surprenante, ce qui n’est pas forcément la première qualité à laquelle on pense avec un joueur de ce profil. Il ne lui manque finalement qu’une chose : être décisif.
GIANLUCA SCAMACCA - 6,5
On a cru pendant vingt-cinq minutes que Scamacca allait encore nous faire une soirée compliquée. Beaucoup de déchet, des déplacements qui ne plaisent pas franchement à Mancini qui lui fait bien passer le message d'ailleurs et cette impression qu’il cherche encore son rythme. Puis il décide de nous rappeler pourquoi il est là avec une volée magnifique sous la transversale. Et là, forcément, on pardonne un peu plus facilement le reste. Mais attention : un but pareil ne doit pas masquer une prestation encore trop irrégulière. Le bomber est toujours là, maintenant il faudrait qu’il reste un peu plus longtemps dans le match.
DANIEL MALDINI - 5,5
Maldini avait pourtant quelques arguments à faire valoir, mais il n’a jamais vraiment réussi à les sortir de sa poche. Il montre rapidement qu’il a les pieds pour faire quelque chose, puis disparaît progressivement du radar. Son envie de rentrer dans l’axe est compréhensible, mais elle laisse surtout Ruggeri bien seul sur son côté. Quelques bonnes séquences avec Scamacca et Ruggeri, quelques efforts défensifs… mais beaucoup trop peu pour véritablement marquer cette rencontre. Et vu sa prestation, je dois bien avouer que je n’étais probablement pas le seul à me dire qu’on aurait quand même bien aimé voir un peu Samuel Inácio sur cette fin de match. Il faudra davantage montrer les crocs la prochaine fois.
MICHAEL KAYODE (55') - 6
Kayode entre avec sa bonne humeur habituelle et cette volonté d’aller immédiatement vers l’avant. Mais cette fois, il n’a pas vraiment eu le temps de sortir le grand jeu. Il est un peu court sur l’action qui amène l’égalisation et laisse Şimşir trouver trop facilement l’espace, même si Vergara n’est pas totalement innocent non plus. Pas de quoi remettre en cause son potentiel, et personnellement, je pense qu’on arrive au moment où Kayode mérite de passer devant Di Lorenzo dans la hiérarchie. Ce qu’il nous a montré lors des matchs précédents me donne en tout cas envie de le voir prendre une place de titulaire. Désolé pour Di Lorenzo, mais derrière, il faudra aussi penser à Palestra. Bref, je préférerais voir Kayode et Palestra se disputer cette place de latéral droit plutôt que de continuer à compter sur Di Lorenzo.
PIO ESPOSITO (55') - 7
Encore une fois, Pio entre et change immédiatement quelque chose. Il donne du poids à l’attaque, conserve les ballons, obtient des fautes et permet surtout à l’Italie de respirer un peu plus haut. Il aurait pu se contenter de jouer les facilitateurs, mais comme Doumbia rate son occasion, monsieur décide de régler lui-même l’affaire. Sept buts en treize sélections : à un moment, il va vraiment falloir arrêter de parler de hasard. Pio commence sérieusement à devenir un facteur.
RICCARDO CALAFIORI (55') - 6,5
Calafiori aurait difficilement pu imaginer pire début : quelques minutes après son entrée, la Turquie égalise en passant précisément par sa zone. Et c’est justement là que se trouve encore le petit bémol avec lui : dans le jeu avec ballon, lorsque l’Italie a la possession, il apporte beaucoup par sa qualité technique et sa capacité à participer aux phases de construction. En revanche, dans les replis défensifs, il lui arrive encore d’être un peu trop léger, avec parfois quelques mètres qu’il pourrait gratter pour aider davantage son équipe. Mais il ne s’attarde pas sur son erreur et répond de la meilleure manière possible : une tête parfaite pour remettre l’Italie devant. Et forcément, le faire à Bologne, là où tout avait véritablement commencé pour lui, ajoute encore un petit quelque chose à l’histoire. Une entrée finalement très Calafiori : du caractère, de l’audace, un but important… mais encore quelques petits réglages à faire derrière. Mieux.
SANDRO TONALI (70') - 6
Tonali n’avait pas besoin de faire des étincelles. Son boulot était surtout d’entrer, de mettre un peu d’ordre au milieu et d’aider l’Italie à gérer sa fin de match. Mission accomplie. Il s’installe dans l’axe et confirme surtout quelque chose qui devient de plus en plus évident dans les choix de Mancini : le regista, pour l’instant, c’est lui. Pas spectaculaire, mais propre, solide et rassurant.
DAVIDE FRATTESI (84') - S.V.
ROBERTO MANCINI - 7
Neuf changements sur onze par rapport à la France : forcément, il fallait s’attendre à ce que la machine mette un peu de temps à démarrer. Et c’est exactement ce qui s’est passé. Mais ce qui me plaît surtout avec il "Mancio", c’est qu’il continue à chercher, à tester et surtout à trouver.
Vergara en ailier droit, Doumbia en milieu capable de casser des lignes, Romano qui continue son apprentissage, Tonali qui s’installe comme "Le" regista… en quatre matches, il est déjà en train de construire une autre Nazionale… sa Nazionale.
Alors oui, tout n’est pas encore parfait et cette équipe aurait certainement pu (du) tuer le match plus tôt, mais je dois quand même avouer une chose : je suis vraiment déçu de ne pas avoir vu Inácio jouer contre la Turquie. Au-delà de la possibilité de le faire définitivement basculer vers l’Italie plutôt que vers le Brésil — car le garçon a encore le choix,... du coup — c’était surtout, à mes yeux, une belle occasion de le voir dans ce contexte et de lui offrir quelques minutes avec cette Nazionale. Et franchement, j’aurais vraiment aimé le voir entrer dans ce match.
Je suis aussi un peu perplexe concernant le choix de titulariser Di Lorenzo. Fatigue ou pas, j’aurais personnellement préféré voir Kayode débuter, surtout après ce qu’il nous avait montré lors de ses précédentes sorties. Et cette rencontre ne m’a finalement pas vraiment fait changer d’avis, bien au contraire.
Mais au bout du compte, l’Italie gagne encore, est deuxième de son groupe et surtout continue d’offrir de nouvelles solutions. Et quand un sélectionneur commence à avoir plus de solutions que de problèmes, généralement, c’est plutôt bon signe.
Alors rendez-vous en novembre, pour accueillir la France puis se déplacer en Belgique, avec une possibilité qui semblait franchement inimaginable il y a encore quelques semaines : jouer pour une place en quarts de finale de cette Ligue des Nations, plutôt que de trembler à l’idée de descendre en division 2. Et rien que ça, quand on repense à la situation de cette Nazionale il y a encore quelques semaines, c’est déjà tout un symbole.
On se retrouve bientôt et surtout soyez fair-play 😉.
Forza Italia 🇮🇹💙
