La Squadra, basta massacrarla !
Depuis hier, j’entends, je vois et je lis de tout sur la Squadra Azzurra après cette défaite contre la Belgique.
Et franchement… Calma ragazzi !
Attention, je ne vais pas vous raconter que l’Italie a réalisé un grand match. Ce serait complètement faux.
La première période ? Compliquée. Les erreurs ? Trop nombreuses. La Belgique ? Supérieure dans beaucoup de domaines. Le résultat ? Une défaite 0-2.
Tout cela, on peut et on doit le dire.
Mais depuis hier, j’ai parfois l’impression qu’on ne parle plus simplement d’un mauvais match.
On parle déjà d’une équipe sans avenir. D’une Squadra qui ne fonctionnerait pas. De joueurs qu’il faudrait écarter. De choix qu’il faudrait immédiatement remettre en question.
Et là, je me dis : mais on peut respirer deux minutes, non ?!
Parce que j’entends aussi certaines personnes dire : « Oui, Paolo Maldini, nous, on était avec toi ! »
Eh bien moi aussi.
Moi aussi, j’étais pour le projet Paolo Maldini.
Mais justement… si j’étais pour ce projet, c’est parce que j’avais compris une chose essentielle : on ne construit pas quelque chose de solide en dix jours.
L’idée était justement de construire sur le long terme, de travailler avec patience, de faire grandir progressivement un projet qui, selon cette vision, aurait pu demander huit, voire dix ans avant de porter pleinement ses fruits.
Alors permettez-moi une petite question…
Pourquoi cette patience que nous étions prêts à accorder hier, nous ne sommes plus capables de l’accorder aujourd’hui ?
Moi, je veux bien croire en un projet.
Mais je ne demande pas les résultats dans deux jours.
Je veux voir une direction. Je veux voir une identité. Je veux voir des jeunes progresser. Je veux voir une équipe se construire.
Et surtout, je veux lui laisser le temps de grandir.
Parce que c’est exactement ce que je demandais avec le projet Maldini.
Alors comment peut-on réclamer de la patience pour un projet comme celui-là… et, dans le même temps, demander des réponses immédiates à une Nazionale qui vient à peine de commencer un nouveau cycle ?
On ne peut pas vouloir le long terme quand ça nous arrange et exiger des résultats immédiats dès que ça va moins bien.
Cette Italie est en reconstruction.
De nouveaux joueurs arrivent. Certains découvrent la Nazionale. D'autres étaient blessés et Bastoni était suspendu. Les automatismes ne peuvent pas apparaître comme par magie en quelques jours. Et pourtant, après 90 minutes, certains semblent déjà avoir trouvé toutes les réponses… et surtout toutes les condamnations.
Depuis quand juge-t-on une reconstruction sur un seul match ?
Oui, l’Italie doit progresser.
Oui, Mancini doit trouver des solutions.
Et oui, moi aussi, j’aurais fait certains choix différemment.
Par exemple, j’aurais aimé voir Kayode à la place de Di Lorenzo, un des choix qui fait le plus débat depuis hier.
Au milieu, personnellement, j’aurais également aimé voir Tonali en regista, Barella mezzala de droite et Doumbia mezzala de gauche. Un trio qui, à mes yeux, aurait pu apporter un meilleur soutien défensif tout en offrant ce juste mélange entre technique, volume et physique.
Et puis, il ne faut pas oublier une chose : Bastoni n’était pas là. Avec lui aux côtés de Mancini, je pense sincèrement que cette défense aurait pu être beaucoup plus solide et prendre moins l’eau.
Vous voyez ? Moi aussi, j’ai mes critiques.
Moi aussi, j’ai mes idées.
Moi aussi, j’aurais fait certains choix différemment.
Mais critiquer ne veut pas dire condamner.
Et c’est justement là que j’ai du mal avec tout ce que j’entends depuis hier.
Parce qu’il faut aussi regarder ce qui s’est passé après la pause.
Cette Italie-là, celle de la deuxième période, a réagi.
Elle a poussé. Elle s’est créée des situations. Elle a eu les possibilités de revenir dans le match. Et si elle avait marqué à ce moment-là, je suis prêt à parier que le discours aurait déjà été complètement différent.
C’est ça aussi, le football.
À un poteau près, à un arrêt près, à une occasion près… et tout change.
Alors non, je ne demande pas qu’on applaudisse une défaite.
Je demande simplement qu’on arrête de vouloir enterrer une équipe avant même de lui avoir laissé le temps de vivre.
Parce que je vais vous dire ce que je pense vraiment.
Ça m’attriste.
Ça m’attriste de voir cette Nazionale constamment sous le feu des critiques. Toujours la critique. Encore la critique. Et encore une autre critique derrière.
J’ai vraiment l’impression que cette nouvelle Squadra est en train de payer pour toutes les déceptions des dernières années.
Les éliminations. Les désillusions. Les rendez-vous manqués. Les espoirs déçus.
Et maintenant, à la première occasion, tout ressort.
Mais ces nouveaux joueurs ne sont pas responsables de tout ce qui s’est passé avant eux.
Ils doivent écrire leur propre histoire.
Et nous ?
Nous sommes quoi, au fond ?
Ne sommes-nous pas ses premiers supporters ?
Oui, nous avons le droit d’être exigeants.
Oui, nous avons le droit d’être en colère après une mauvaise prestation.
Oui, nous avons le droit de dire quand quelque chose ne va pas.
Mais peut-être qu’on devrait aussi savoir être derrière cette équipe quand elle en a le plus besoin.
Parce que supporter la Squadra quand elle gagne, c’est facile.
Le vrai amour pour cette Nazionale, c’est peut-être aussi de continuer à croire en elle quand tout le monde commence déjà à l’enterrer.
Alors critiquons cette défaite. Analysons les erreurs. Demandons mieux à cette équipe.
Mais donnons-lui aussi quelque chose qu’on semble avoir complètement oublié en Italie, et même chez tous ces tifosi de la Squadra éparpillés aux quatre coins du monde :
du temps.
Parce qu’une Squadra Azzurra ne se reconstruit pas en 90 minutes.
Et peut-être que dans quelques mois, cette défaite contre la Belgique nous apparaîtra simplement comme…
le premier chapitre d’une histoire qui ne faisait que commencer.
On se retrouve bientôt et soyez Fair-play... Forza Italia ! 🇮🇹💙
