LA LEGGE DELLA VECCHIA SIGNORA
Après la désillusion de Gênes en milieu de semaine, la Juventus n'avait plus vraiment le droit à l'erreur. Encore moins face à un adversaire du calibre du Napoli.
Pour Luciano Spalletti, dont l'avenir semblait s'assombrir au fil des contre-performances, cette rencontre avait presque des allures de match couperet.
Et cette fois, la Vieille Dame a répondu présente.
Pas nécessairement par un football flamboyant ni par une démonstration de supériorité technique, mais par quelque chose qui lui avait cruellement manqué ces dernières semaines : du caractère, de la discipline et une véritable cohésion collective.
UNE ASSISE DÉFENSIVE RETROUVÉE
La première satisfaction vient incontestablement de l'assise défensive.
Plus compacte, mieux organisée et surtout plus solidaire, la Juventus a retrouvé cette rigueur qui devrait constituer son ADN.
Les lignes ont travaillé ensemble, les espaces ont été mieux maîtrisés et chacun semblait enfin conscient de ses responsabilités.
DES FLANCS QUI REDONNENT DE L'AIR
Autre motif de satisfaction : l'apport des flancs.
Leur activité, leur disponibilité et leur capacité à apporter du danger ont donné une véritable respiration au jeu turinois.
UNE ATTAQUE ENCORE TROP DISCRÈTE
En revanche, difficile de fermer les yeux sur les insuffisances offensives.
Randal Kolo Muani et Nick Woltemade continuent de laisser un goût d'inachevé.
Trop peu incisifs, trop rarement déterminants dans leurs initiatives, les deux attaquants peinent encore à peser véritablement sur le jeu.
Et pour une Juventus qui nourrit certaines ambitions, cette discrétion offensive reste un problème qu'il faudra rapidement résoudre.
Car si la structure collective rassure, elle ne pourra pas éternellement compenser le manque de tranchant de ses hommes de pointe.
LES REGRETS DE GÊNES
Reste aussi cette frustration : ces trois points abandonnés face au Genoa mercredi dernier.
Une défaite qui paraît encore plus regrettable lorsque l'on constate que cette équipe est capable de répondre présente dans un rendez-vous aussi exigeant.
C'est peut-être là tout le paradoxe de cette Juventus : capable de se perdre face à un adversaire abordable, puis de retrouver ses valeurs lorsque la pression devient maximale.
UN DÉCLIC ? PAS ENCORE
Alors, faut-il parler de déclic ? Pas encore.
Une victoire ne gomme pas toutes les lacunes, pas plus qu'elle ne transforme subitement une équipe irrégulière en prétendante crédible aux sommets.
Mais elle peut constituer un point de départ.
Spalletti gagne du temps, ses joueurs retrouvent un peu de crédit et les tifosi peuvent enfin entrevoir une réaction.
Cette Juventus n'a peut-être pas encore retrouvé son football, mais elle a retrouvé quelque chose d'essentiel : l'envie de se battre ensemble.
Et pour la Vecchia Signora, la révolte devra désormais devenir une habitude, pas une exception.



