Il y a des blessures que le temps ne referme pas. Des trahisons qu'un véritable juventino ne peut ni oublier ni accepter. Et celle d'Antonio Conte en fait incontestablement partie.
Comment pardonner à celui qui, après avoir quitté la Juventus dans les circonstances que l'on connaît, a osé rejoindre l'ennemi juré, l'Inter ? Lui, l'ancien capitaine, l'homme qui avait redonné sa fierté à tout un peuple, celui qui incarnait mieux que personne le fameux « Fino alla fine » !
Son départ en juillet 2014 avait déjà laissé un goût amer. Mais le voir, cinq ans plus tard, sur le banc nerazzurro fut, pour beaucoup d'entre nous, la trahison de trop.
Pendant des années, une chose semblait donc évidente : Antonio Conte ne devait plus jamais entraîner la Juventus.
Et pourtant…
UNE JUVENTUS QUI A PERDU SON IDENTITÉ
Aujourd'hui, devant le spectacle désolant que nous offre trop souvent notre Juventus, une terrible évidence commence à s'imposer : nous allons peut-être devoir ravaler notre fierté et lui pardonner.
Car soyons sérieux un instant. Qu'est devenue notre Juventus ? Où sont passés cette rage de vaincre, cet orgueil, cette mentalité qui faisaient trembler nos adversaires avant même le coup d'envoi ?
Les entraîneurs passent, les joueurs changent, les projets se succèdent… mais le mal semble toujours aussi profond.
Et que dire de l'attitude de certains joueurs ? Porter ce maillot devrait être un privilège, pas une simple ligne sur un contrat. À la Juventus, on ne négocie ni l'engagement, ni le sacrifice, ni le respect de l'institution !
ANTONIO CONTE : PLUS QU'UN ENTRAÎNEUR, UN PATRON !
C'est précisément là qu'Antonio Conte devient, à mes yeux, une nécessité.
Pas uniquement pour ses qualités tactiques. Pas simplement pour ses trois Scudetti consécutifs remportés à Turin. Mais parce que cet homme possède quelque chose qui manque cruellement à la Juventus actuelle : une autorité naturelle, une exigence absolue et cette capacité presque viscérale à transmettre la culture de la gagne.
Souvenons-nous de 2011. Il avait hérité d'une équipe qui sortait de deux septièmes places consécutives. Quelques mois plus tard, la Juventus redevenait championne d'Italie, invaincue en championnat !
Aujourd'hui, le chantier paraît presque plus compliqué encore. Car au-delà des résultats, c'est l'identité même de notre club qui semble s'être égarée.
Nous avons essayé de reconstruire, de changer de philosophie, de repartir sur de nouvelles bases. Mais combien de temps faudra-t-il encore attendre pour retrouver une Juventus digne de son histoire ?
Conte n'est certainement pas un saint. Mais nous n'avons pas besoin d'un saint. Nous avons besoin d'un patron !
ET SI ANDREA AGNELLI DEVAIT LUI AUSSI REVENIR ?
Et puisqu'on parle de patron, comment ne pas évoquer Andrea Agnelli ? Son retour serait, lui aussi, le bienvenu. Car, à mes yeux, le manque de charisme et de leadership visible de l'actuelle présidence est tout simplement affligeant.
Gianluca Ferrero occupe peut-être la fonction, mais il ne dégage pas cette autorité qui incarnait autrefois la puissance de la Juventus.
Mais cela est un autre débat…
PARDONNER L'IMPARDONNABLE, PAR AMOUR POUR LA JUVE
Alors oui, Antonio, nous n'avons pas oublié. Oui, ton passage à l'Inter restera une tache indélébile dans notre mémoire. Mais notre amour pour la Juventus est plus grand que notre rancœur envers toi.
Et si ton retour représente le prix à payer pour retrouver notre véritable Juve, alors nous devrons nous y résoudre.
Parce qu'au fond, mieux vaut ravaler sa fierté que regarder mourir celle de notre Juventus.
Fino alla fine.
Miki — L'Angolo di Miki



