COMMENT REDBIRD EST-IL EN TRAIN DE CHANGER ?
RedBird, c’est un nom qui fait grincer les dents de beaucoup de tifosi depuis son arrivée après le Scudetto de Pioli, Maldini et une équipe performante et soudée. D’énormes erreurs ont été commises depuis trois ans. Mais rien n’est éternel, la gloire comme l’échec.
Et si Cardinale était en train de comprendre son échec ?
RedBird arrive lors de l’été 2022. L’annonce fut officialisée le dernier jour du mercato estival, le 31 août. Sa première saison au club restera dans la continuité d’Elliott, avec un staff identique. 2023 marquera un gros point de rupture après plusieurs annonces phares.
❌ LA RUPTURE TROP BRUTALE AVEC LE SYSTÈME ELLIOTT
L’été 2023, c’est le passage du flambeau réel, l’heure des décisions. La plus grande et la plus retentissante sera forcément l’éviction de Paolo Maldini et Davide Massara. Gazidis quittera également ses fonctions de président, même s’il restera dans le CA jusqu’à la fin du bilan comptable. Pioli sera le seul épargné, même si cela ne durera qu’un temps.
La rupture est claire ! RedBird est maintenant le stratège du club. Furlani sera promu CEO, Moncada deviendra directeur technique et Zlatan Ibrahimovic, qui avait laissé le suspense le jour de sa cérémonie d’au revoir, deviendra conseiller au sein de RedBird, avec la particularité de ne pas faire partie officiellement de l’organigramme du club.
Ces décisions vont créer un séisme dans l’institution rossonera, dans les médias et chez les tifosi.
Une grosse révolution au sein du staff, mais aussi dans l’équipe. Si Zlatan et Kjaer partent à la retraite, Tonali quittera également le club, un symbole de l’identité Maldini et de la passion du club.
De nombreux joueurs arriveront en 2023 avec des promesses de résultats immédiats, mais en réalité, ça ne s’est pas vraiment passé comme cela…
📊 LE BILAN SPORTIF DE REDBIRD, UN ÉCHEC CUISANT
Si la première année de RedBird se solde par une seconde place peu reluisante et une qualification en Ligue des champions (la dernière à ce jour), le départ de Pioli, dernier bastion de l’ère Elliott, plonge le club dans la tourmente. Si le coach était pourtant en fin de parcours et son départ logique, la dernière unité de l’équipe partira avec lui.
Les résultats sportifs des années suivantes ne seront qu’une conséquence de cette cassure orchestrée par RedBird. L’année la plus terrible sera la saison 2024/2025, une saison marquée par une terrible 8e place au classement, une élimination honteuse contre le Feyenoord Rotterdam en Ligue des champions, un mercato hivernal « pompier » avec des recrutements très coûteux pour tenter de sauver la saison. Deux entraîneurs se succéderont cette année-là, Paulo Fonseca et Sergio Conceição, mais aucun n’arrivera réellement à continuer ce que Pioli avait entrepris.
La saison suivante, la saison Allegri, RedBird tentera une révolution en misant plutôt sur l’expérience du Mister, celle d’Igli Tare, avec son expérience laziale en tant que directeur sportif.
Si l’équipe sur le terrain fut plus pragmatique et plus solide que celle de la saison précédente, l’inexpérience de cette équipe se verra surtout en coulisses, avec des désaccords houleux entre Zlatan/Allegri et Furlani/Tare, qui conduiront à une chute drastique des résultats et une fin de saison catastrophique où Milan finira 5e en ayant été dans le top 4 pendant 36 journées…
➡️ POURQUOI ELLIOTT A RÉUSSI LÀ OÙ REDBIRD A ÉCHOUÉ ?
1️⃣ ELLIOTT
Elliott, le fonds d’investissement qui rachètera Milan à la suite du non-remboursement de sa créance due à l’emprunt du propriétaire chinois Yonghong Li, adoptera de suite une stratégie bien différente de celle employée par RedBird.
En effet, Elliott misera sur l’expérience d’hommes qui ont déjà prouvé leur valeur et leurs compétences.
Ivan Gazidis, CEO d’Arsenal, qui avait largement contribué à moderniser les structures du club, vu comme l’architecte qui a amené ensuite les résultats actuels des Gunners. Il a réussi à créer la transition après le départ de Wenger, là où certains clubs de PL comme United attendent toujours une restructuration.
Geoffrey Moncada, recruteur révolutionnaire de Monaco, qui aura permis indirectement au club de la Principauté de remporter le championnat en 2017.
Paolo Maldini et Zvonimir Boban, deux légendes rossonere, qui connaissent parfaitement le football et surtout l’histoire et les valeurs du club, vus comme les architectes de la reconstruction du Milan.
Sur le terrain, même si les premiers mois furent compliqués après l’échec Giampaolo et les premiers mois difficiles de Pioli, Boban et Maldini miseront sur des joueurs expérimentés comme Zlatan Ibrahimovic et Simon Kjaer, ce qui lancera immédiatement une dynamique et l’émergence de talents prometteurs comme Théo Hernandez, Rafael Leão et Ismaël Bennacer, entre autres.
Cette régularité et cette dynamique amèneront le tant attendu retour en Ligue des champions après sept saisons consécutives d’absence et surtout le Scudetto inattendu de 2022.
Même si Elliott prônait la rigueur financière et préférait d’abord réduire la dette du club et le rendre financièrement plus stable, ce qui entraînera d’ailleurs les critiques des tifosi sur ses réelles ambitions, cela n’empêchera pas l’équipe sportive de réussir, et ce malgré des moyens plus que limités.
2️⃣ REDBIRD
RedBird adoptera une stratégie bien différente, en plaçant un homme en maître à jouer : Giorgio Furlani.
Souvent critiqué par les tifosi pour sa gestion sportive et ses mercatos illogiques, Furlani fut, selon moi, le « faire-valoir » d’Elliott afin d’assurer le bon fonctionnement du club et des résultats financiers décents permettant le remboursement de la dette contractée par RedBird auprès d’Elliott pour acheter le club.
Furlani fut le CEO du Milan, mais également l’homme qui gérait absolument tout au sein du club : finances, mercato, sponsors…
Son rôle fut central.
S’il resta dans la continuité de Gazidis en termes de gestion marketing et de partenariats, ses mercatos furent bien différents, prônant plutôt « l’achat/revente » de joueurs : c’est 29 arrivées et 47 départs en trois ans, et également quatre entraîneurs différents sous son mandat.
Une stratégie sportive difficile à suivre, où les mercatos laissaient place à de nombreuses promesses qui s’effaçaient dès le mois de novembre.
Mais ce qui marque, à mon sens, réellement la différence entre le Milan d’Elliott et celui de RedBird, c’est l’unité.
Cette unité fragile construite pendant l’ère Maldini s’est quasiment entièrement évaporée après son départ et a totalement disparu lorsque Pioli est parti.
Combien de fois a-t-on senti des joueurs peu concernés ? Combien d’histoires rocambolesques a-t-on comptées pendant ces trois ans ?
RedBird a pratiqué un management « à l’américaine », avec une communication très verticale où seuls un homme ou deux décidaient réellement, un propriétaire absent laissant totalement la main sur son entreprise et une gestion explosive, où l’impression générale laissait le sentiment que personne n’était intouchable.
🤔 COMMENT CARDINALE EST-IL EN TRAIN DE CHANGER TOUT CELA ?
L’été 2026 marquera un énorme tournant mettant fin à trois ans de « règne » d’un organigramme défaillant. Cardinale, jusque-là absent, prendra la décision de virer conjointement Giorgio Furlani, Geoffrey Moncada, Igli Tare et Massimiliano Allegri. Une « razzia » totale, seul Paolo Scaroni sera épargné.
Et, arrivé au cours de la saison dans le CA à la suite du rachat de la dette contractée par RedBird auprès d’Elliott, un homme émergera : Massimo Calvelli, l’un des artisans principaux de la réussite du tennis italien, qui, à ce jour, a le triste record pour le calcio de compter plus de licenciés que ce dernier.
Markus Krösche, qui semble promis au rôle de chef du football au sein du club, devrait gérer toute la partie sportive dans les mois qui viennent. Il a également validé en coulisses la piste Amorim pour le poste d’entraîneur. Son rôle devrait se rapprocher de celui de Paolo Maldini en son temps et devrait être accompagné d’un directeur sportif qui devrait gérer la partie négociation et contrats, comme Massara le faisait sous l’ère Elliott.
Cardinale a totalement changé son fusil d’épaule, en étant un acteur majeur des décisions du club, prenant des décisions fortes, étant présent physiquement au club régulièrement. L’homme qui s’était autoproclamé le « Berlusconi 2.0 » semble enfin prendre son rôle en considération comme Il Presidente en son temps, même si la comparaison s’arrête là.
Même si, pour le moment, l’organisation de ce nouveau Milan est en lancement, on constate des changements radicaux de stratégie :
- Les cadres sont prolongés ou en voie de prolongation. Pulisic a récemment signé sa prolongation de contrat et Rabiot devrait suivre. - Le mercato a réellement amené une amélioration de l’effectif, même si celui-ci fut paralysé par un nombre conséquent de joueurs hors projet. Les recrues font la différence : Cissé, Moreira, Gila… - L’entraîneur est consulté. Amorim a pu avoir les renforts qu’il voulait, même si le temps a manqué, chose qui semblait impossible sous l’ère Furlani. - Les ambitions sont là. Cardinale a récemment injecté 50 M€ dans les finances du club en vue du mercato hivernal, et il ne cesse de répéter que Milan sera actif cet hiver. - La structure organisationnelle en cours de mise en place ressemble plus à celle d’un club de foot, tout simplement.
📝 LE PARDON NE S’ACHÈTE PAS, IL SE GAGNE !
J’ai fait partie des plus gros détracteurs de Cardinale lorsqu’il a dégagé Maldini comme un malpropre. J’ai critiqué ouvertement Furlani et Zlatan sur notre page AC Milan Choix et Analyses en dressant leur triste bilan. J’ai perdu espoir de nombreuses fois en voyant des joueurs ne méritant pas notre maillot le porter et l’entacher avec des performances lamentables.
J’ai rédigé cet article en mettant de côté ma passion et mon amertume, car force est de constater que Cardinale et Milan sont en train de changer. Les larmes de Cardinale lors du derby, les joueurs qui sont de nouveau complices sur le terrain, les ambitions réelles de renforts me laissent penser que, peut-être, enfin, le pire est derrière nous.
Car si la Banter Era nous a résignés, les premières années RedBird furent frustrantes, car j’ai ce sentiment permanent que nous avons la possibilité de faire beaucoup mieux, car les moyens financiers sont là !
À toi de jouer, Gerry, le pardon ne s’achète pas ! Il se gagne !
Forza Milan 🔴⚫️
Enzo — L’OCCHIO DI ENZO



