Samedi soir, après la défaite dans le derby, je terminais mon dernier Morso Nerazzurro avec une idée assez simple : le meilleur moyen de répondre à cette claque ne serait pas de multiplier les discours, mais de retrouver les actes. Et voilà que 3 jours plus tard, la Champions League nous offre déjà l'occasion de vérifier si le message a été entendu.
Ce mardi soir, à 21h, la nostra Inter se déplace à Rotterdam pour affronter le Feyenoord, à l'occasion de la 4e journée de la phase de ligue. Un rendez-vous important pour la suite de notre parcours européen, mais aussi pour une équipe qui doit rapidement retrouver de la confiance après un derby particulièrement douloureux.
Parce que, personnellement, au-delà de la défaite elle-même, c'est surtout ce qu'elle pourrait laisser dans les têtes qui m'inquiète. Perdre contre les "cugini" fait toujours mal, mais il ne faudrait surtout pas que cette désillusion vienne fragiliser un groupe qui, malgré ses défauts, a déjà montré qu'il possédait de belles ressources.
Depuis le début de la saison, l'Inter nous présente régulièrement le même scénario. Des entames de match compliquées, des absences défensives parfois difficilement compréhensibles, des moments de déconcentration qui coûtent très cher. Et puis, souvent, une réaction. Une équipe capable de relever la tête, de reprendre le contrôle d'une rencontre et de revenir au score alors que la situation semblait compromise.
Ce n'est pas rien. Parce qu'une équipe qui trouve régulièrement les ressources pour réagir possède forcément des qualités et du caractère. Il serait injuste de l'oublier sous prétexte que le derby a tourné au cauchemar. Mais il faut aussi regarder les choses en face : on ne peut pas éternellement demander à cette équipe de réparer ce qu'elle a elle-même abîmé.
Et c'est précisément sur ce point que les Nerazzurri semblent avoir décidé de se parler franchement.
Selon les révélations de la Gazzetta dello Sport, une véritable explication aurait eu lieu dans le vestiaire après la défaite face au Milan. Les joueurs auraient reconnu leurs erreurs et exprimé leur ras-le-bol de voir l'équipe offrir trop facilement des situations, voire des rencontres entières, à ses adversaires. Lautaro Martínez, bien que blessé, aurait lui aussi participé à cette discussion en sa qualité de capitaine.
Nicolò Barella aurait notamment fait son mea culpa concernant son intervention à l'origine du coup franc transformé par Moreira. Un geste important, parce qu'avant de demander davantage de concentration et de responsabilité aux autres, il faut aussi être capable de reconnaître ses propres erreurs.
Toujours selon le quotidien italien, la discussion aurait également porté sur la nécessité de remettre les intérêts collectifs au-dessus des préoccupations individuelles. Les situations contractuelles, les frustrations liées aux remplacements ou aux choix du "Mister" ne doivent pas devenir des distractions pour un groupe qui nourrit de grandes ambitions.
Évidemment, nous n'étions pas dans ce vestiaire et il convient de garder une certaine prudence concernant ces indiscrétions. Mais si cette discussion a réellement eu la portée que lui prête la presse, alors j'espère surtout qu'elle aura permis de remettre certaines choses à leur place.
Car se dire les vérités entre coéquipiers, c'est bien. Transformer ces paroles en actes sur le terrain, c'est encore mieux.
À Rotterdam, Cristian Chivu a justement choisi de maintenir sa confiance envers ses joueurs. Le "Mister" a rappelé qu'il croyait au travail accompli, aux qualités de son groupe et à ce que ces joueurs ont déjà apporté à l'Inter. Pour lui, les erreurs doivent être reconnues, comprises et corrigées, sans pour autant remettre en question tout ce qui a été construit.
Une position que je peux comprendre et que je partage en grande partie. Après tout, il ne s'agit pas de jeter tout le travail réalisé depuis le début de la saison à la poubelle parce qu'un derby s'est mal terminé. Mais cette confiance doit aussi s'accompagner d'exigence. Et les problèmes qui se répètent depuis plusieurs semaines ne peuvent plus être considérés comme de simples accidents de parcours.
Marcus Thuram, qui accompagnait Chivu en conférence de presse, a d'ailleurs eu des paroles particulièrement intéressantes à ce sujet.
Interrogé sur les critiques formulées par Barella et Bastoni après le derby, l'attaquant français n'a pas cherché à les contredire. Il a reconnu leur rôle de leaders et partagé leur analyse. Mais c'est surtout sa réponse concernant les entames de match qui a retenu mon attention.
Pour Thuram, la première étape consiste à reconnaître qu'il existe un problème. Faire semblant de ne pas le voir ne servirait à rien. Et il estime que le groupe en a désormais pris conscience.
Voilà des paroles qui me plaisent davantage que les éternelles explications sur les épisodes défavorables ou les circonstances d'une rencontre. Parce que reconnaître un problème, c'est déjà commencer à chercher une solution. Encore faut-il maintenant la trouver.
Thuram est également revenu sur la victoire contre le Shakhtar, obtenue alors que l'Inter évoluait à 10 après l'expulsion de Bastoni. Ce soir-là, les Nerazzurri avaient montré une solidarité, une détermination et une capacité à souffrir ensemble qui avaient finalement permis d'aller chercher les 3 points.
Selon lui, c'est cette attitude qu'il faut reproduire à chaque rencontre, en Champions League comme en championnat.
Et franchement, comment ne pas être d'accord ?
Ce que j'attends de cette équipe, ce n'est pas qu'elle joue chaque match comme si elle disputait une finale, ni qu'elle domine ses adversaires pendant 90 minutes. C'est simplement qu'elle aborde les rencontres avec la concentration, l'humilité et cette fameuse "cattiveria" dont nous parlons depuis plusieurs semaines.
Parce que cette Inter sait jouer au football. Elle l'a suffisamment démontré. Mais elle doit apprendre à ne plus attendre d'être en difficulté pour montrer ce dont elle est capable.
Sur le plan européen, la situation ne permet d'ailleurs pas de se montrer particulièrement généreux avec les points abandonnés. Après les défaites contre le Real Madrid et le Club Brugge, la victoire face au Shakhtar a permis à l'Inter de débloquer son compteur. Mais avec seulement 3 points après 3 journées, la course aux premières places s'annonce déjà compliquée.
Chivu l'a rappelé en conférence de presse : il faudrait approximativement 16 points pour espérer terminer parmi les 8 premiers et éviter les barrages. Autant dire que la marge d'erreur est désormais particulièrement réduite.
Certes, on peut considérer que l'Inter a parfois récolté moins que ce qu'elle méritait sur le terrain. Mais à un moment, il faut aussi savoir transformer les bonnes prestations en résultats. En Europe, les erreurs individuelles, les absences de concentration et les occasions manquées se paient généralement au prix fort.
Et le Feyenoord ne sera certainement pas un adversaire disposé à nous faciliter la tâche.
Les Néerlandais comptent eux aussi 3 points après 3 rencontres européennes, obtenus grâce à leur victoire à domicile contre le Como. Ils se sont en revanche inclinés face au Barça et au Betis. Une équipe jeune, avec une moyenne d'âge annoncée de 24,6 ans, qui aime attaquer, provoquer et jouer avec intensité.
En championnat, le Feyenoord occupe la tête du classement et semble particulièrement à l'aise lorsqu'il peut imposer son football. Mais c'est surtout son environnement qui mérite notre attention.
Le De Kuip est réputé pour son atmosphère bouillante, et Chivu le connaît particulièrement bien pour y avoir évolué lorsqu'il portait les couleurs de l'Ajax. Le "Mister" sait donc à quoi s'attendre. Il a d'ailleurs évoqué cette ambiance hostile, tout en rappelant que ce sont précisément ces rendez-vous qui font le charme de la Champions League.
Et face à une équipe capable de se transcender devant son public, une mauvaise entame pourrait une nouvelle fois nous coûter très cher.
Sur le plan de l'effectif, Chivu a annoncé le retour de Provedel et de Pavard, tandis que Pio Esposito est de nouveau disponible. Des nouvelles bienvenues après les difficultés rencontrées dans la préparation du derby. Reste maintenant à savoir quels choix effectuera notre "Mister", notamment dans l'animation offensive et sur le flanc droit.
Personnellement, j'espère surtout retrouver une Inter fidèle à ses principes, à ses automatismes et à cette identité collective qui lui a permis de réaliser de très belles choses. Pas besoin de tout révolutionner. Il faut avant tout retrouver de la justesse, de la concentration et cette volonté de travailler les uns pour les autres.
D'autant que le calendrier ne nous laissera aucun répit. Après Rotterdam, c'est le Como qui nous attend en championnat. Et au vu de ce que les hommes de Fàbregas montrent depuis le début de la saison, ce ne sera certainement pas une promenade de santé.
Les rendez-vous importants s'enchaînent, les exigences aussi. L'Inter n'a donc pas le temps de s'apitoyer sur son sort. Le derby a déjà fait suffisamment de dégâts pour qu'on lui permette d'en provoquer davantage.
Alors oui, je reste exigeant envers cette équipe. Je continuerai à pointer ses erreurs, ses absences et les choix que je ne comprends pas. Mais je refuse aussi de faire comme si tout ce qu'elle avait montré de positif avait soudainement disparu samedi soir.
Cette Inter a des défauts, c'est indéniable. Mais elle possède aussi les qualités nécessaires pour réagir. Et si les joueurs ont réellement pris conscience de ce qui ne fonctionne pas, Rotterdam représente une belle occasion de le démontrer.
Pas besoin de grandes déclarations ni de promesses supplémentaires. Les paroles ont déjà été prononcées, les discussions ont eu lieu et chacun semble savoir ce qu'il doit améliorer.
Maintenant, place au terrain.
Et quoi qu'il arrive, fratelli nerazzurri, on reste derrière notre Beneamata. Parce que soutenir l'Inter, ce n'est pas seulement célébrer ses victoires, c'est aussi être présent lorsqu'elle traverse des moments plus difficiles.
On se retrouve bientôt et surtout,
Forza Inter sempre ! 🖤💙



