Il y a quelques jours à peine, après la défaite dans le derby, nous attendions une réaction. Pas de nouvelles promesses, pas de grands discours, mais des actes. Et mardi soir, sur la pelouse du De Kuip, la nostra Inter a apporté une première réponse. Une réponse nette, convaincante et surtout bienvenue, avec une victoire 0-3 face au Feyenoord lors de cette 4e journée de Champions League.
Mais au-delà du résultat, c'est surtout la manière qui mérite d'être soulignée. Parce que cette fois, les Nerazzurri n'ont pas attendu de se retrouver dos au mur pour commencer à jouer. Ils ont pris le match à leur compte dès les premières minutes, avec de l'intensité, de la concentration et cette détermination qui nous avait tant manqué samedi dernier.
Et franchement, ça fait du bien !
Après des semaines à voir l'Inter multiplier les entames compliquées, voilà enfin une rencontre où ce sont nos adversaires qui ont dû courir après le score. Et il n'a fallu que 8 minutes pour que Yann Bisseck donne le ton.
Le défenseur allemand, qui sortait de prestations particulièrement difficiles, s'est offert un véritable bijou. Une prise de balle aux abords de la surface, un peu d'espace et une magnifique frappe enroulée du pied gauche qui ne laisse aucune chance à Ernst. Un geste de trequartista dans les pieds d'un défenseur central ! Et surtout, une belle manière de répondre aux critiques.
Le Feyenoord a bien tenté de réagir, en avançant davantage et en cherchant à mettre notre défense sous pression. Les Néerlandais ont d'ailleurs bénéficié d'une grosse hésitation entre Akanji et Pepo Martínez à la 19e minute, heureusement sans conséquence. Un petit rappel que certaines approximations n'ont pas totalement disparu et qu'il faudra encore travailler sur ces situations.
Mais contrairement à ce que nous avions trop souvent observé ces dernières semaines, l'Inter n'a pas perdu le fil de sa rencontre. Bien organisée, capable d'accepter les moments de pression et surtout dangereuse lorsqu'elle récupérait le ballon, elle a continué à exploiter les espaces laissés par son adversaire.
À la 34e minute, Spence déborde sur son flanc droit et adresse un centre dévié par un défenseur. Pio Esposito est parfaitement placé pour reprendre le ballon de la tête et doubler la mise. Un but important pour le jeune attaquant, qui avait lui aussi besoin de retrouver le chemin des filets après une période un peu plus compliquée.
À la pause, le 0-2 récompensait une Inter sérieuse, appliquée et surtout bien plus cohérente dans son approche que lors de ses dernières sorties.
Et le plus agréable, c'est qu'elle n'a pas attendu la fin du match en se contentant de défendre son avantage.
Dès la reprise, les Nerazzurri ont continué à jouer avec les mêmes intentions. Et à la 54e minute, Piotr Zieliński s'est chargé d'éteindre définitivement les espoirs du Feyenoord. Le Polonais s'engouffre dans l'espace aux abords de la surface et décoche une frappe exceptionnelle du pied gauche, qui termine sa course au fond des filets.
Quel but, là aussi !
Après la merveille de Bisseck et la belle réalisation de Pio Esposito, Zieliński nous a offert une véritable petite perle. Trois buts de belle facture, inscrits par 3 joueurs différents, pour une victoire qui doit autant à l'efficacité offensive qu'au travail collectif.
Pio Esposito aurait même pu s'offrir un doublé, mais sa deuxième réalisation a été annulée pour un hors-jeu de quelques centimètres (millimètres). Une décision qui ne change évidemment rien au résultat final, mais qui confirme que l'Inter a continué à se montrer dangereuse même après avoir pris une avance confortable.
Et dans les dernières minutes, je dois bien avouer que je n'avais plus qu'une idée en tête : "Dai ragazzi, on garde ce zéro !" Parce qu'au-delà des 3 buts inscrits, retrouver une défense capable de terminer une rencontre sans encaisser était aussi une sacrée satisfaction. Un clean sheet qui fait du bien, surtout après les dernières sorties.
Et puis, il faut aussi parler des hommes.
Parce que cette soirée de Rotterdam a été celle de plusieurs réponses individuelles, notamment de joueurs qui avaient été particulièrement critiqués après le derby.
Bisseck, évidemment, avec son but magnifique, mais aussi une prestation défensive solide et une belle entente avec Spence sur le côté droit. Le défenseur allemand a retrouvé de l'assurance, de l'agressivité et cette capacité à se projeter qui fait partie de ses qualités.
Spence, justement, a probablement livré l'une de ses prestations les plus convaincantes sous le maillot nerazzurro. Disponible, entreprenant, constamment en mouvement, il a apporté énormément sur son flanc. Son centre sur le but de Pio Esposito n'est qu'une illustration de son activité. Après des débuts parfois hésitants, voilà une prestation qui pourrait lui permettre de prendre une nouvelle dimension dans les choix de Chivu.
Et que dire de Nicolò Barella ?
Après son derby compliqué et les critiques qui avaient suivi, notre milieu de terrain a répondu avec ce qu'il sait faire de mieux : courir, couvrir les espaces, récupérer des ballons et se mettre au service du collectif. Omniprésent, généreux dans les efforts, il a retrouvé cette intensité qui fait de lui un joueur si précieux pour l'Inter.
Pas besoin de grandes déclarations lorsqu'on est capable de répondre de cette manière sur le terrain.
Carlos Augusto mérite également d'être salué. Lui aussi avait souffert face au Milan, mais il a retrouvé à Rotterdam toute sa solidité, notamment dans son duel avec Moussa (éteint par le Brésilien). Avec un Akanji attentif et un Dimarco particulièrement généreux dans les efforts, l'Inter a affiché une cohésion défensive bien plus rassurante.
Sans oublier Zieliński, dont le but vient récompenser une prestation pleine de personnalité. Le Polonais avait lui aussi été au centre de certaines interrogations ces dernières semaines. Il a rappelé qu'il pouvait apporter énormément à cette équipe, à condition de retrouver de la confiance et de la continuité.
Bien sûr, tout n'a pas été parfait. Pepo Martínez a encore montré quelques hésitations dans ses prises de décision, sans que cela porte à conséquence. Quant à Thuram, s'il a parfois semblé manquer d'un peu de fraîcheur, difficile de lui en tenir rigueur. Depuis la blessure de Lautaro Martínez, Tikus enchaîne les rencontres et les efforts, multipliant les heures supplémentaires au service de l'équipe. Mais cette fois, ces quelques imperfections n'ont pas pris le dessus sur les qualités collectives.
Et c'est précisément ce que j'attendais de cette Inter.
Après la rencontre, Yann Bisseck a d'ailleurs tenu des propos intéressants. Le défenseur allemand a rappelé qu'après une défaite, certains semblent considérer les joueurs comme les plus mauvais du monde, mais que le groupe ne doit pas se laisser influencer par les jugements extérieurs.
Il a surtout insisté sur l'importance de rester unis, de continuer à travailler et de reconnaître qu'il reste encore beaucoup de choses à améliorer.
Une manière assez juste de remettre les événements en perspective. Parce qu'une défaite, même dans un derby, ne transforme pas soudainement une bonne équipe en mauvaise équipe. Et inversement, une victoire 0-3 ne signifie pas que tous les problèmes ont disparu.
Pio Esposito a lui aussi évoqué cette nécessité de poursuivre sur la même voie. Heureux d'avoir retrouvé l'intégralité de ses moyens physiques après une semaine plus compliquée, le jeune attaquant a souligné la qualité de ses partenaires offensifs et l'importance de bien terminer cette période, avec notamment le rendez-vous contre le Como qui approche.
Mais c'est probablement Cristian Chivu qui a le mieux résumé ce que cette victoire devait représenter.
Le "Mister" a expliqué que son équipe avait disputé une rencontre sérieuse, digne des valeurs du club, en ajoutant davantage d'organisation, d'intensité et de détermination à son jeu.
Et surtout, il est revenu sur cette fameuse "provincialità" dont nous avions tellement parlé après le derby.
Pour Chivu, ses joueurs ont montré qu'ils étaient capables d'accepter de défendre plus bas, de souffrir ensemble et de mettre de la "cattiveria" dans la récupération du ballon.
Voilà un aspect de la rencontre que j'ai particulièrement apprécié.
Parce que cette capacité à accepter les moments difficiles, à défendre avec humilité et à ne pas vouloir systématiquement imposer son football à tout prix, c'est aussi ce qui fait la force des grandes équipes.
La "provincialità", ce n'est pas renoncer à ses ambitions. C'est comprendre que pour gagner, il faut parfois savoir faire autre chose que ce qu'on préfère.
Et face au Feyenoord, l'Inter nous a donné (à moi, en tout cas) l'impression de l'avoir compris.
Chivu a également rappelé que les discussions entre joueurs et entraîneur étaient régulières, après les victoires comme après les défaites. Une précision importante après les informations concernant les échanges particulièrement animés qui auraient suivi le derby.
Le groupe se parle, analyse ses erreurs et cherche à progresser. C'est rassurant. Mais ce qui l'est encore davantage, c'est de voir ces réflexions se traduire concrètement sur le terrain.
Reste maintenant à faire en sorte que cette réaction ne soit pas sans lendemain. Et c'est justement là que les paroles de Chivu sur l'importance de la continuité prennent tout leur sens.
Car cette victoire permet à l'Inter d'enchaîner un deuxième succès consécutif en Champions League et de porter son total à 6 points après 4 journées. Après les défaites contre le Real Madrid et le Club Brugge, les Nerazzurri ont retrouvé une dynamique européenne positive et peuvent continuer à regarder vers les prochaines échéances avec ambition.
Mais il serait prématuré de considérer que tout est réglé.
Les problèmes de concentration, les entames difficiles et certaines fragilités défensives ne vont pas disparaître par magie après une seule belle prestation. Il faudra confirmer, répéter les efforts et surtout montrer que l'attitude affichée à Rotterdam peut devenir une habitude plutôt qu'une exception.
Et le calendrier ne nous laissera pas beaucoup de temps pour savourer.
Dès ce week-end, le Como nous attend en championnat. Un adversaire ambitieux, séduisant dans son football et qui ne nous fera certainement aucun cadeau. Une nouvelle occasion de vérifier si cette Inter est capable d'enchaîner les prestations convaincantes, sans devoir systématiquement attendre une déception pour retrouver son meilleur visage.
Alors oui, je suis heureux de cette victoire. Heureux de voir les joueurs réagir, heureux de retrouver une équipe concentrée, solidaire et capable de faire parler ses qualités. Je ne vous cache pas que je craignais que la défaite dans le derby laisse des traces psychologiques bien plus profondes. Cette première réponse me rassure, même si elle ne suffit pas encore à dissiper complètement mes doutes. Pour cela, il faudra attendre dimanche et le déplacement à Como.
Mais je reste aussi convaincu que la Beneamata peut encore faire mieux. Parce que le potentiel est là, les joueurs aussi, et les ambitions du club exigent davantage qu'une belle réaction de temps en temps.
À Rotterdam, les paroles ont trouvé une première traduction sur le terrain. Les joueurs ont relevé la tête et montré qu'ils n'avaient rien perdu de leur caractère.
Maintenant, le véritable défi sera de ne plus avoir besoin d'une défaite pour se rappeler ce dont ils sont capables.
Et si cette victoire pouvait marquer le début d'une plus grande régularité, alors elle aurait une valeur bien supérieure aux 3 points ramenés des Pays-Bas.
On se retrouve bientôt et surtout,
Forza Inter sempre ! 🖤💙



