Juventus, l’infirmerie ne désemplit plus : malchance, préparation ou problème de staff ?
La blessure de Randal Kolo Muani vient ajouter un nouvel épisode à un début de saison marqué par une impressionnante succession de pépins physiques à la Juventus. Yildiz, Thuram, Locatelli, Grabara, Boga, Cabal, Cambiaso… la liste interpelle. Simple accumulation de malchance ou problème plus profond dans la préparation et la gestion physique de l’effectif de Luciano Spalletti ? La question mérite désormais d’être posée.

À TURIN, L’INFIRMERIE DEVIENT UN VRAI SUJET
La Juventus gagne, avance, tente de construire le projet de Luciano Spalletti… mais depuis le début de la saison, un problème revient avec une régularité inquiétante : les blessures.
Et Randal Kolo Muani est le dernier nom à rejoindre cette longue série.
Touché lors de la victoire contre l’Atalanta, l’attaquant français souffre d’une fracture à un doigt de la main droite et doit subir une intervention.
Heureusement pour la Juve, le Français avait été capable de poursuivre la rencontre et la trêve internationale devrait lui permettre de récupérer sans manquer de match.
Pris isolément, l’incident pourrait presque être anecdotique.
Mais replacé dans le contexte actuel de la Juventus, il alimente forcément les interrogations.
UNE LISTE QUI COMMENCE À DEVENIR IMPRESSIONNANTE
Depuis le début de la saison, Spalletti doit continuellement modifier ses plans.
Kenan Yildiz a été opéré.
Khéphren Thuram a également dû passer par la chirurgie pour son genou.
Manuel Locatelli, capitaine de cette équipe, a subi une opération du ménisque.
Jérémie Boga a connu une lésion musculaire à la cuisse.
Juan Cabal a lui aussi été touché musculairement.
Andrea Cambiaso, Weston McKennie ou encore Jeff Ekhator ont également connu des problèmes physiques.
Et comme si cela ne suffisait pas, Kamil Grabara s’est gravement blessé au genou à l’entraînement, avec une rupture du ligament croisé antérieur nécessitant une opération.
Lors du déplacement à Sassuolo, la Juventus devait ainsi composer avec neuf absences.
Pour un effectif qui doit mener de front la Serie A et l’Europe, l’impact devient considérable.
MALCHANCE OU PROBLÈME PLUS PROFOND ?
C’est ici que la question devient intéressante.
Peut-on encore simplement parler de malchance ?
Certaines blessures semblent difficilement imputables à la préparation physique. Une fracture à un doigt après un contact, comme celle de Kolo Muani, entre clairement dans cette catégorie.
Même constat pour certaines blessures traumatiques : aucun programme d’entraînement ne peut supprimer totalement le risque inhérent au football de haut niveau.
Mais lorsque les blessures s’accumulent en aussi peu de temps, il devient légitime de s’interroger sur l’ensemble du fonctionnement physique de l’équipe.
Charge d’entraînement ?
Préparation estivale ?
Récupération entre les rencontres ?
Prévention ?
Gestion individuelle des joueurs ?
Staff médical et préparation athlétique ?
À ce stade, nous n’avons aucun élément permettant d’affirmer que la Juventus travaille mal dans l’un de ces domaines.
Mais le nombre de problèmes physiques est devenu suffisamment important pour que le club analyse sérieusement la situation.
SPALLETTI REFUSE L’ALIBI
Luciano Spalletti, lui, ne veut pas transformer l’infirmerie en excuse permanente.
Le technicien italien a déjà insisté sur la nécessité de sortir de la logique des alibis : lorsqu’un titulaire disparaît, un autre joueur doit saisir sa chance.
Le discours est logique pour protéger mentalement son groupe.
Mais dans la construction d’une équipe, les conséquences restent bien réelles.
Un entraîneur a besoin d’automatismes.
Il doit pouvoir travailler avec une colonne vertébrale relativement stable, répéter ses circuits, créer des associations et permettre à certains joueurs d’accumuler les minutes ensemble.
Spalletti, lui, est régulièrement contraint de reconstruire une partie de son onze.
Et sur une saison entière, cela peut coûter cher.
LE CAS KOLO MUANI EST DIFFÉRENT… MAIS SYMBOLIQUE
Il faut toutefois éviter de mettre toutes les blessures dans le même sac.
La fracture de Kolo Muani n’est pas une preuve d’un problème de préparation.
Elle ressemble beaucoup plus à un accident de match.
Mais elle arrive au pire moment symboliquement : précisément lorsque la Juventus tente de sortir d’une période où son effectif a été décimé.
C’est donc moins la gravité de cette nouvelle blessure que son accumulation avec toutes les précédentes qui interpelle.
LA JUVE DOIT COMPRENDRE
La Juventus n’a peut-être tout simplement pas de chance.
C’est une possibilité qu’il ne faut pas écarter.
Mais un club de ce niveau ne peut pas non plus se contenter de cette explication lorsque les passages à l’infirmerie deviennent aussi fréquents.
Cela ne signifie pas qu’il faut désigner immédiatement un responsable.
Cela signifie qu’il faut comprendre.
Analyser les circonstances de chaque blessure, différencier les accidents traumatiques des problèmes musculaires, étudier les charges de travail et vérifier si certains éléments peuvent être améliorés.
Parce que le véritable danger pour Spalletti n’est pas seulement de perdre un joueur pendant quelques semaines.
C’est de ne jamais pouvoir disposer suffisamment longtemps du même groupe pour construire sa Juventus.
Et si l’infirmerie continue de se remplir à ce rythme, la question ne sera bientôt plus seulement : « Qui est blessé ? »
Elle deviendra inévitablement :
« Pourquoi sont-ils si nombreux ? »


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