Il y a des victoires qui rassurent, et d'autres qui interrogent. Celle de la Juventus à Alkmaar appartient un peu aux deux catégories.
Avec trois points supplémentaires et une place consolidée parmi les huit premiers du classement provisoire, les Bianconeri accomplissent l'essentiel. Mais derrière le résultat, deux visages bien différents se sont encore dessinés.
Une première période qui montre la voie
Pendant quarante-cinq minutes, la Juventus a affiché un visage séduisant. Organisée autour d'une défense à trois et d'un dispositif proche du 3-4-2-1, la formation de Luciano Spalletti a montré une cohérence tactique intéressante.
Les déplacements étaient plus justes, les intentions plus claires et les transitions offensives mieux exploitées.
Symbole de cette réussite, Randal Kolo Muani a livré une première période de grande qualité. Passeur décisif pour Koopmeiners à la 19e minute, puis buteur à la 37e, le Français semble progressivement retrouver cette confiance qui change tout chez un attaquant.
Plus libéré, plus entreprenant, il a surtout donné l'impression de jouer avec davantage de spontanéité. Un signal particulièrement encourageant pour la suite.
Gatti, l'ADN d'une Juventus qui refuse de mourir
Mais s'il fallait retenir un homme pour incarner l'état d'esprit bianconero, ce serait Federico Gatti.
Combatif, généreux, impliqué dans chaque duel, le défenseur italien a encore démontré pourquoi son caractère est indispensable à cette équipe.
Dans une Juventus parfois trop tendre, trop passive, Gatti apparaît comme l'un des derniers véritables gardiens de cette mentalité historique : ne rien lâcher, imposer son caractère et défendre le maillot avec orgueil.
Le talent est nécessaire pour gagner des rencontres. Mais sans personnalité, difficile de construire une équipe capable de gagner durablement.
Une seconde période qui ravive les doutes
Malheureusement, après la pause, la Juventus a progressivement perdu sa maîtrise.
Moins de fluidité, moins de maîtrise collective et cette fâcheuse tendance à laisser l'adversaire reprendre confiance. Le but encaissé à la 88e minute est venu sanctionner cette baisse de régime.
Sur le côté droit, l'absence de Zeki Çelik se fait ressentir. Pierre Kalulu, malgré ses qualités défensives, peine à apporter la précision offensive attendue dans ce rôle.
Le manque de qualité dans les centres constitue également un véritable problème. Avec un attaquant au profil de Nick Woltemade, capable d'offrir une présence physique dans la surface, ne pas exploiter davantage le jeu aérien revient à se priver d'une arme importante.
Lloyd Kelly, lui aussi, laisse des interrogations. Sa prestation manque de sérénité et certaines interventions illustrent les fragilités d'une défense qui ne peut se permettre autant d'approximations.
Trois points, mais une exigence qui doit rester intacte
Cette victoire est précieuse. Elle permet à la Juventus d'avancer dans sa campagne européenne et de regarder la suite avec ambition.
Mais elle ne doit surtout pas masquer les insuffisances observées après la pause.
La Juventus possède des joueurs capables de faire la différence. Elle commence également à trouver certaines solutions tactiques intéressantes.
Ce qui lui manque encore, c'est cette capacité à imposer son football pendant quatre-vingt-dix minutes.
Car à Turin, gagner a toujours été une obligation. Mais pour redevenir une grande Juventus, il faudra apprendre à ne plus jouer seulement une mi-temps sur deux.
La vittoria conta. Ma la mentalità fa la differenza.



