L'Udinese : les premières preuves d'un entraîneur hors du commun
Au début des années 2000, Spalletti transforme progressivement l'Udinese en une équipe redoutable, malgré des moyens limités.
Après une sixième place en 2002-2003, puis une septième en 2003-2004, le club termine quatrième de Serie A en 2004-2005 et se qualifie pour le tour préliminaire de la Ligue des champions.
Avec Di Natale, Iaquinta, Pizarro, Muntari et Jankulovski, Spalletti façonne une équipe ambitieuse, offensive et structurée.
Cette période révèle déjà l'une de ses principales qualités : sa capacité à faire progresser un collectif et à obtenir des résultats supérieurs aux attentes.
La Roma : du très beau football, des résultats… mais aussi des limites
En 2005, Spalletti rejoint la Roma et construit l'une des équipes les plus séduisantes d'Italie.
Avec Totti en faux numéro neuf, entouré notamment de De Rossi, Perrotta, Taddei, Pizarro et Mexès, le club romain développe un football moderne et spectaculaire.
Les résultats suivent : plusieurs deuxièmes places en Serie A, deux Coupes d'Italie et deux quarts de finale de Ligue des champions.
Pourtant, malgré plusieurs saisons remarquables, la Roma ne décroche jamais le Scudetto, notamment face à une Inter dominante.
Spalletti confirme alors qu'il sait installer une grande équipe au sommet, mais la dernière marche lui échappe encore.
Le Zénith : deux championnats remportés, mais une aventure contrastée
En décembre 2009, Spalletti rejoint le Zénith Saint-Pétersbourg.
Il remporte deux titres de champion, en 2010 et 2011-2012, ainsi qu'une Coupe de Russie et une Supercoupe nationale.
Cette expérience confirme sa capacité à imposer rapidement une identité de jeu dans un nouvel environnement.
Cependant, ses relations avec certains médias et ses réactions face aux critiques alimentent les controverses. Son aventure s'achève par un licenciement en mars 2014, après une période de résultats décevants.
L'Inter : le retour en Ligue des champions après six ans d'absence
En 2017, Spalletti prend les commandes d'une Inter en quête de renouveau.
Dès sa première saison, il termine quatrième de Serie A, notamment grâce à une victoire décisive contre la Lazio lors de la dernière journée.
Après six années d'absence, l'Inter retrouve enfin la Ligue des champions.
La saison suivante, il confirme avec une nouvelle quatrième place. Deux qualifications consécutives : difficile de nier la qualité du travail accompli.
Mais l'équipe ne paraît jamais réellement en mesure de disputer le Scudetto à la Juventus, tandis qu'une nouvelle polémique vient ternir son passage.
Naples 2022-2023 : l'exploit qui change toute sa carrière
Lorsque Spalletti arrive à Naples en 2021, le club n'a plus remporté le championnat depuis 1990.
Après une troisième place lors de sa première saison, il réalise un exploit immense en 2022-2023.
Son Napoli domine la Serie A, développe un football spectaculaire et décroche le troisième Scudetto de son histoire.
Trente-trois ans après Maradona, Naples est à nouveau championne d'Italie.
Spalletti construit un collectif impressionnant.
La circulation du ballon, le pressing et les automatismes offensifs fonctionnent à merveille.
Ce titre est l'une des plus belles réussites d'un entraîneur italien au XXIe siècle.
Il prouve que Spalletti peut bâtir une équipe pratiquement irrésistible.
Trois polémiques révélatrices d'un caractère difficile
1. Francesco Totti : une rupture qui a profondément divisé Rome
Lors de son retour à la Roma en 2016, Spalletti retrouve Francesco Totti.
La réduction du temps de jeu de la légende romaine provoque rapidement des tensions. Après une interview de Totti, Spalletti l'écarte du groupe avant un match contre Palerme.
L'affaire prend une ampleur considérable, car Totti incarne l'histoire et l'identité du club.
Spalletti défend ses choix sportifs, mais la gestion de cette fin de carrière manque probablement de diplomatie.
Un grand entraîneur doit aussi savoir gérer les émotions, les symboles et les personnalités de son vestiaire.
2. Mauro Icardi : une nouvelle guerre d'autorité à l'Inter
En 2019, Mauro Icardi, capitaine et principal buteur de l'Inter, se retrouve au centre d'un conflit avec la direction.
Il perd son brassard, tandis que Spalletti adopte une position ferme.
La responsabilité est partagée entre le joueur, son entourage, la direction et l'entraîneur. Mais, une fois encore, la gestion humaine prend le pas sur le football.
3. Victor Osimhen : même à Naples, les tensions existent
À Naples, en juillet 2022, Spalletti renvoie Victor Osimhen d'un entraînement après un mouvement d'humeur.
L'incident reste sans conséquence durable : Osimhen devient même l'un des artisans du titre napolitain.
Cet épisode montre que l'autorité de Spalletti peut aussi produire des résultats exceptionnels, à condition de savoir s'adapter aux circonstances.
La Nazionale : du sommet de Naples au fiasco italien
Après son triomphe napolitain, Spalletti devient sélectionneur de l'Italie en 2023.
Mais l'expérience tourne au fiasco.
Lors de l'Euro 2024, l'Italie se qualifie difficilement pour les huitièmes de finale avant d'être éliminée par la Suisse (2-0).
L'équipe manque d'identité, de créativité et de personnalité. Les choix tactiques donnent, eux, l'impression d'une formule jamais stabilisée.
En juin 2025, une défaite 3-0 en Norvège précipite son licenciement.
Comment le même entraîneur peut-il produire un football exceptionnel avec Naples et une équipe aussi décevante avec l'Italie ?
Le travail d'un sélectionneur diffère de celui d'un entraîneur de club, mais cette distinction n'efface pas les responsabilités de Spalletti.
Son passage à la tête de la Nazionale reste un échec majeur.
La Juventus : quelle version de Spalletti les Bianconeri vont-ils découvrir ?
Après le départ d'Igor Tudor en octobre 2025, l'arrivée de Spalletti à la Juventus suscite de l'espoir.
Son expérience et sa connaissance du championnat italien doivent aider le club à retrouver une identité.
Les doutes, toutefois, réapparaissent. Le début de saison 2026-2027 est préoccupant, avec des performances irrégulières et une lourde défaite 3-0 contre la Lazio.
Spalletti a lui-même exprimé des réserves sur la capacité de ses joueurs à suivre ses consignes.
Il serait néanmoins prématuré de tirer des conclusions définitives.
Quelle version de Luciano Spalletti la Juventus va-t-elle finalement avoir ?
Celle de l'Udinese, du Napoli ou de la Nazionale ?
Le verdict de Miki : ★★★½☆ — 3,5/5
Le bilan de Luciano Spalletti reste contrasté.
Ses résultats avec l'Udinese, le Zénith, l'Inter et surtout Naples dessinent un parcours remarquable.
Mais ses difficultés relationnelles, ses conflits répétés et son échec avec l'équipe nationale empêchent, selon moi, de le placer parmi les plus grands.
Être un grand entraîneur ne consiste pas seulement à posséder des idées tactiques brillantes. Il faut aussi savoir gérer un vestiaire, traverser les crises et communiquer avec intelligence.
Son Scudetto avec Naples restera dans l'histoire du football italien.
C'est là tout le paradoxe Spalletti.
Comment un homme capable de réaliser de tels exploits peut-il parfois sembler aussi loin de ses propres standards ?
La Juventus apportera peut-être une nouvelle réponse.
Et vous, quel regard portez-vous sur Luciano Spalletti ? Un grand entraîneur incompris ou un très bon technicien dont les limites l'empêchent d'atteindre le sommet ?
L'ANGOLO DI MIKI — CALCIO ITALIA LIVE



