Six journées, et toujours personne pour prendre véritablement le large. Enfin, presque personne… Car pendant que certains commencent à trouver leur rythme, d'autres donnent déjà l'impression de courir après le train. L'Inter et la Lazio occupent désormais les deux premières places, avec 16 points chacune, mais derrière, la Roma reste en embuscade. Une chose est sûre : si ce championnat ne nous a pas encore livré tous ses secrets, il commence à nous donner quelques indications.
L'Inter de Cristian Chivu, elle, n'a pas l'intention de perdre son temps. Face à Parme, les Nerazzurri ont signé une victoire nette, 3-0, sans véritablement laisser de place au débat. Chivu a également réussi à faire tourner son effectif sans que la machine ne se grippe. Bien entendu, la saison est encore longue, mais cette Inter commence à envoyer un message assez clair à la concurrence. Et pendant ce temps, la Lazio de Gattuso s'invite à ses côtés. Avec un succès 3-1 contre Monza, les Biancocelesti confirment qu'il faudra compter avec eux. Tout n'a pourtant pas été parfait, loin de là : en supériorité numérique, ils ont laissé leur adversaire revenir dans la partie et ont parfois sérieusement tremblé. Mais gagner même lorsqu'on ne maîtrise pas tout reste une qualité précieuse. La Lazio est-elle capable de viser l'Europe, voire davantage ? Il est encore trop tôt pour sortir les grandes déclarations, mais elle a déjà gagné le droit d'être prise au sérieux.
Derrière ce duo, la Roma de Mister "Gasp" a dû se contenter d'un 0-0 à Côme. (premier 0-0 de ce championnat et dans le match ou je m'y attendais le moins) Un résultat qui peut laisser des regrets, mais qui mérite aussi d'être remis dans son contexte. Réduits à dix, les Giallorossi ont fait preuve de caractère et de solidité pour préserver leur point. Côté Lariani, en revanche, la frustration doit être au rendez-vous. L'équipe de Cesc Fàbregas avait une occasion de frapper un grand coup et de se rapprocher du sommet, mais elle n'a pas réussi à trouver la faille. C'est aussi cela, la différence entre une équipe séduisante et une équipe capable de transformer ses bonnes intentions en résultats. Le potentiel est là, personne ne le conteste, mais il faudra apprendre à gagner ces rencontres où le spectacle se fait plus discret.
Et puis, il y a les deux grands noms qui commencent à nous faire lever un sourcil. La Juventus de Luciano Spalletti a été tenue en échec à Cagliari (1-1), malgré une nette domination et plusieurs occasions en seconde période. Les Sardes, eux, continuent de surprendre et démontrent que leur bon début de saison ne doit rien au hasard. Leur engagement, leur organisation et leur capacité à faire mal lorsqu'une occasion se présente méritent d'être soulignés. Face à la Vieille Dame, ils ont su résister aux temps forts turinois tout en restant dangereux. Pour la Juventus, en revanche, le problème se situe surtout dans sa difficulté à transformer sa domination en victoire : beaucoup de ballons dans la surface, quelques éclairs individuels, mais encore trop peu d'efficacité collective. Kolo Muani a certes fini par débloquer son compteur en égalisant à la 81e minute, mais quatre minutes plus tard, il a manqué de peu de faire basculer la rencontre en expédiant sur la barre transversale une occasion presque toute faite. La Juve a poussé, elle a eu les opportunités, mais elle a dû se contenter d'un point. Historiquement, la Vieille Dame a toujours su gagner ces matchs où il faut simplement trouver la bonne clé. Pour le moment, cette clé semble encore égarée quelque part à Turin.
À Milan, le chantier paraît tout aussi ouvert. Le nul concédé à Sassuolo (1-1) ne va certainement pas rassurer les supporters rossoneri. Rúben Amorim est au début de son aventure, et il serait injuste de tirer des conclusions définitives après seulement quelques rencontres. Mais les prestations proposées jusqu'ici manquent encore de régularité et de personnalité. Milan a montré des choses intéressantes par séquences, sans parvenir à imposer durablement son jeu. Le but d'Adrien Rabiot a bien lancé les siens, mais l'égalisation rapide de Sassuolo a rappelé que rien n'était réglé. Le temps des travaux existe, évidemment. Le problème, c'est qu'en Serie A, les points perdus peuvent rapidement coûter cher. Et les semaines passent vite.
Derrière les affiches du haut de tableau, cette journée nous a aussi offert quelques résultats intéressants. Le Napoli de Massimiliano Allegri s'est imposé 3-0 contre Frosinone, avec notamment un doublé de Kevin De Bruyne. Au-delà du résultat, c'est surtout le travail de "Max" qui commence à porter ses fruits. Petit à petit, les Partenopei semblent trouver davantage de repères et gagner en solidité, tandis que les idées de leur entraîneur commencent à se traduire sur le terrain. Et puis, il y a le cas De Bruyne. Le Belge traverse une période magnifique, aussi bien avec les Diables rouges qu'avec le Napoli, et son influence pourrait rapidement devenir une arme supplémentaire pour les Napolitains. Lorsqu'un joueur de cette qualité trouve son rythme et parvient à faire parler son talent, il peut changer le visage d'une équipe. Le retour de Scott McTominay constitue également une excellente nouvelle pour Allegri, qui dispose ainsi d'une solution supplémentaire pour la suite.
Le Bologna, de son côté, a décroché son premier succès en championnat en battant Lecce 2-1. Le Genoa a lui aussi enfin ouvert son compteur de victoires en dominant la Fiorentina sur le même score. Une véritable bouffée d'oxygène pour Daniele De Rossi, qui peut enfin souffler un peu. Et pour être tout à fait honnête, je suis surtout heureux pour lui. L'Atalanta, quant à elle, a retrouvé le chemin du succès contre Venezia (3-1), tandis que Torino a également fait le travail face à Udinese (2-1). Autant de résultats qui rappellent qu'une saison ne se résume jamais aux seules équipes qui occupent les premières places.
Après six journées, il serait donc prématuré de distribuer les bons et les mauvais points de manière définitive. Mais certaines tendances commencent à se dessiner. L'Inter affiche une puissance offensive impressionnante, la Lazio s'accroche au sommet, la Roma sait résister et Cagliari continue de bousculer les pronostics. À l'inverse, la Juve et Milan ont encore des réponses à trouver. Nous commençons à voir se dessiner les premiers rapports de force, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant de savoir qui pourra réellement tenir la distance. Les certitudes d'aujourd'hui peuvent devenir les doutes de demain, tandis que les surprises peuvent finir par s'installer durablement.
Le championnat est encore jeune, ce n'est pas encore le moment de sortir les calculatrices et de regarder le calendrier jusqu'en mai. Mais c'est largement suffisant pour comprendre une chose : certains commencent déjà à courir, et les autres feraient bien de ne pas trop tarder à les rejoindre.
On se retrouve bientôt et surtout soyez fair-play 😉



