Il y a des semaines européennes qui donnent le sourire, d’autres qui laissent un goût amer, et puis il y a celles qui nous font passer d’une émotion à l’autre sans même nous laisser le temps de reprendre notre souffle. Cette semaine, le football italien a connu un peu de tout cela : des victoires éclatantes, une belle surprise, quelques frayeurs et des désillusions dont certains se seraient volontiers passés.
En Champions League, nos quatre représentants ont tous remporté leur rencontre. En Europa League, l’enthousiasme est rapidement retombé, tandis que l’Atalanta a dû s’incliner en Conference League. Un bilan contrasté, mais surtout une semaine qui nous rappelle que le rayonnement du football italien se construit autant dans les grandes victoires que dans la manière de réagir aux coups durs.
Champions League : tutti vincenti !
Quatre clubs italiens engagés, quatre victoires au bout du compte. Difficile de demander beaucoup mieux.
La Roma a retrouvé le sourire avec un succès convaincant face au Slovan Bratislava, tandis que le Napoli a dû sortir le grand jeu pour venir à bout de Bodø/Glimt dans un match spectaculaire conclu sur le score de 4-3. Deux rencontres, deux victoires, mais des sensations bien différentes : là où les Giallorossi ont pu savourer une soirée tranquille, les Partenopei ont offert à leurs tifosi quelques minutes de suspense dont ils se seraient probablement bien passés.
Mais la grande histoire de cette journée, celle qui mérite qu’on s’y arrête un instant, vient de Como.
Voir le club lombard s’imposer 4-1 contre Manchester United, c’est le genre de résultat qui rappelle que le football ne se résume ni aux palmarès ni aux budgets. Et dans cette soirée mémorable, un homme a particulièrement crevé l’écran : Nico Paz. Avec un doublé et une passe décisive, le jeune Argentin a été l’un des grands artisans de cette démonstration. Au-delà de ses statistiques, c’est sa qualité technique, sa vision du jeu et sa capacité à faire des différences qui donnent une autre dimension à cette équipe. Lorsqu’il évolue à ce niveau, Como possède un joueur capable de faire basculer une rencontre et de donner le tournis à des défenses pourtant habituées aux grandes soirées européennes.
Sous l’impulsion de Cesc Fàbregas, le club lombard continue de grandir, de prendre confiance et de se faire une place dans un paysage où l’on ne lui aurait pas forcément réservé le premier rôle. Et voilà que les Lariani infligent une lourde défaite à l’un des noms les plus connus du football anglais.
Avouons-le, il y a quelque chose de particulièrement savoureux dans ce genre de soirée. Le football italien a longtemps été jugé à travers ses grandes institutions, ses clubs historiques et ses trophées. Aujourd’hui, Como vient rappeler qu’une nouvelle histoire peut s’écrire, à condition d’avoir des idées, de l’ambition et surtout les moyens de les mettre en pratique.
Pendant ce temps, l’Inter a assuré l’essentiel face au Shakhtar Donetsk en s’imposant 1-0. Une victoire précieuse, d’autant plus que les Nerazzurri ont dû terminer la rencontre à dix après l’expulsion d’Alessandro Bastoni. Malgré cette infériorité numérique, ils ont trouvé le chemin des filets avant de serrer les rangs pour préserver leur avantage jusqu’au coup de sifflet final. Tout n’a pas été parfait, mais ce succès permet à l’Inter de retrouver un peu d’air après les difficultés des premières journées.
Au final, cette semaine de Champions League nous laisse donc une image plutôt réjouissante : une Roma qui se relance, un Napoli qui gagne dans la douleur, un Como qui frappe fort et une Inter qui assure l’essentiel, même dans la difficulté. Quatre victoires, quatre histoires différentes, mais un même résultat au tableau d’honneur.
Et ça, on ne va certainement pas s’en plaindre.
Europa League : un jeudi plus compliqué
Si la Champions League a permis aux tifosi italiens de passer deux belles soirées, l’Europa League a quelque peu refroidi l’ambiance.
La Juventus a dû se contenter d’un partage 2-2 face à Rennes, après une rencontre au cours de laquelle les Bianconeri ont alterné entre espoirs et regrets. Menés, puis revenus au score, les Turinois ont même cru pouvoir arracher la victoire avant que la VAR ne vienne doucher leurs dernières illusions, dans des circonstances franchement contestables.
Un point reste un point, bien entendu. Mais lorsque l’on ambitionne d’aller loin dans une compétition européenne, laisser filer des occasions de prendre trois unités finit toujours par coûter quelque chose. La Juventus devra donc retenir sa capacité à réagir, sans oublier les moments où elle s’est elle-même mise en difficulté.
Et puis, il y a le Milan, qui continue de me laisser perplexe. Comme je vous le disais dernièrement, c’est une équipe à deux visages, capable de nous montrer le meilleur comme de nous laisser complètement dans l’incompréhension.
Une défaite 3-0 à Bournemouth, c’est évidemment beaucoup plus difficile à digérer. Les Rossoneri ont vécu une soirée compliquée en Angleterre, marquée notamment par l’expulsion de Mike Maignan, qui a complètement perdu son self-control, et par une équipe qui n’a jamais véritablement réussi à reprendre le contrôle de la rencontre.
On ne va pas tirer toutes les conclusions d’un seul match, mais il faut savoir appeler les choses par leur nom : cette défaite fait mal. Le Milan possède une histoire européenne immense, mais son passé ne peut pas jouer à sa place. Sur le terrain, ce sont les prestations du présent qui comptent, et celle-ci ne restera certainement pas parmi les plus glorieuses.
Au final, l’Europa League laisse nos deux représentants sur des sentiments bien différents : quelques regrets pour la Juventus, beaucoup plus de questions pour le Milan.
Comme quoi, après les sourires de la Champions League, il suffit de changer de compétition pour retrouver les vieilles inquiétudes.
Conference League : l’Atalanta punie en fin de rencontre
Pour terminer ce tour d’Europe, l’Atalanta a vécu une soirée frustrante à Amsterdam, où elle s’est inclinée 2-0 face à l’Ajax.
La rencontre n’a pas été simple pour les Bergamaschi, qui ont dû faire face à une équipe néerlandaise entreprenante et souvent dangereuse. Mais alors que le match semblait se diriger vers un partage des points, tout s’est finalement joué dans les dernières minutes. À la 87e, Tolu Arokodare a trouvé la faille, avant qu’Abdellah Ouazane ne vienne enfoncer le clou dans le temps additionnel. Deux buts tardifs qui ont transformé une rencontre encore indécise au tableau d’affichage en une défaite finalement assez lourde pour la Dea.
Il faut aussi garder à l’esprit que cette Atalanta n’est plus tout à fait celle que nous avons connue sous Gian Piero Gasperini. Le départ de son ancien entraîneur a marqué la fin d’un cycle, et le club doit désormais composer avec une nouvelle réalité, de nouvelles méthodes et la nécessité de trouver d’autres repères. Cela ne signifie pas qu’il faut tout remettre en question au moindre mauvais résultat, mais il faut aussi accepter que les choses prennent du temps et que les comparaisons avec les plus belles années de la Dea ne sont pas toujours pertinentes.
Cette défaite ne condamne évidemment pas la suite de sa campagne européenne. Elle rappelle simplement que chaque rencontre demande ses propres réponses et que l’Atalanta devra continuer à construire pour retrouver davantage de constance. L’Europe ne pardonne pas toujours les rendez-vous manqués, mais elle offre aussi de nouvelles occasions de se racheter.
Le football italien : plusieurs visages
Alors, quel bilan tirer de cette semaine européenne ?
La Champions League nous offre quatre victoires et une belle bouffée d’optimisme. La Roma et le Napoli ont retrouvé le chemin du succès, Como a signé un exploit retentissant et l’Inter a arraché une victoire précieuse dans des circonstances difficiles. En revanche, l’Europa League laisse davantage de regrets, avec une Juventus qui peut nourrir quelques frustrations et un Milan qui continue de soulever des questions. Quant à l’Atalanta, elle devra se relever de sa défaite à Amsterdam.
Le football italien peut donc se réjouir de ces deux belles soirées de Champions League, qui ont offert leur lot de buts, de surprises et de satisfactions. Il peut aussi se féliciter de voir un club comme Como s’inviter parmi les histoires qui font parler l’Europe. Mais les résultats des autres compétitions nous rappellent que personne n’est à l’abri d’un faux pas, et que les écussons prestigieux ne protègent personne des mauvaises soirées.
Alors, savourons les victoires, retenons les leçons et gardons les pieds sur terre. Car, en Europe, la prochaine journée peut déjà raconter une tout autre histoire.
Au lendemain de ces soirées européennes, le temps d’un Momento Gaby, les rivalités restent à leur place et c’est le football italien qui reprend ses droits. Avec ses belles surprises, ses satisfactions et ses désillusions, il nous rappelle qu’entre une grande joie et une grosse déception, il n’y a parfois que nonante minutes.
On se retrouve bientôt et surtout, soyez fair-play ! 😉



