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Il Morso Nerazzurro Publié le 21 octobre 2026 · 00 h 45 · 2 minPar Gabriel Palmato

Face au Shakhtar, l'Inter doit retrouver le mordant européen...

Après deux défaites européennes, l'Inter doit retrouver sa lucidité et son mordant face au Shakhtar Donetsk. Entre les responsabilités assumées par Alessandro Bastoni et Cristian Chivu et le soutien des tifosi au Meazza, les Nerazzurri doivent désormais transformer les paroles en actes et relancer leur campagne européenne.

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En Serie A, l'Inter avance à un rythme qui force le respect, avec 19 points récoltés sur 21 possibles. Le bilan est solide et les Nerazzurri ont confirmé leur bonne dynamique en s'imposant face à Bologne. Mais si tout va plutôt bien sur le front national, le visage affiché en Champions League est bien différent. Deux rencontres, deux défaites, face au Real Madrid et au Club Brugge : le constat est sans appel et oblige désormais les hommes de Cristian Chivu à réagir.

Ce soir, au Meazza, le Shakhtar Donetsk se présentera donc sur la route d'une Inter en quête de rachat européen. L'enjeu dépasse les trois points : il s'agit de retrouver des certitudes, de corriger certaines erreurs et de montrer que les ambitions nerazzurre peuvent aussi s'exprimer sur la scène continentale.

À la veille de ce rendez-vous, Alessandro Bastoni et Cristian Chivu se sont présentés devant la presse à Appiano Gentile. Deux interventions différentes dans leur approche, mais un constat commun : les Nerazzurri doivent regarder leur situation en face, assumer leurs responsabilités et surtout cesser de se compliquer la vie.

Bastoni appelle à regarder la réalité en face

Interrogé sur l'obligation de prendre des points pour espérer terminer parmi les huit premiers, Alessandro Bastoni n'a pas cherché à contourner le sujet. Pour le défenseur nerazzurro, la situation actuelle impose de retrouver une certaine lucidité.

« Nous sommes absolument obligés d'obtenir un résultat. Sans cela, terminer parmi les huit premiers serait très compliqué. Il faut regarder davantage la réalité en face : les finales et ce parcours appartiennent au passé. Le parcours récent doit nous ramener les pieds sur terre. »

Le message est clair. Les deux finales de Champions League disputées ces dernières années ont contribué à installer l'Inter parmi les équipes respectées sur la scène européenne. Mais ce statut ne garantit rien et ne peut pas servir de protection lorsque les résultats ne suivent plus. Bastoni rappelle d'ailleurs que la Champions League reste un rêve, comme elle l'était durant les années où l'équipe a atteint ces deux finales.

Il ne s'agit pas de renoncer aux ambitions, mais de comprendre que celles-ci doivent désormais être accompagnées par des résultats. Bastoni l'a d'ailleurs reconnu : il faut aujourd'hui revoir quelque peu les attentes à la baisse et tenir compte de la réalité du moment.

Reste à comprendre pourquoi les Nerazzurri éprouvent autant de difficultés à retrouver leur efficacité européenne.

Des erreurs individuelles, mais surtout un problème de lucidité ?

Questionné sur les difficultés rencontrées par l'équipe, Bastoni a insisté sur la dimension mentale. Selon lui, chaque joueur doit faire preuve d'honnêteté intellectuelle et accepter de prendre individuellement ses responsabilités.

Le défenseur estime que les erreurs individuelles ont trop souvent pénalisé l'Inter cette saison. Il ne considère toutefois pas qu'il s'agisse d'un problème fondamentalement tactique ou technique. À ses yeux, le travail doit commencer par une meilleure approche mentale, laquelle influence ensuite de nombreux aspects du jeu.

Mais une autre question posée en conférence de presse permet de mieux comprendre son raisonnement : pourquoi ces erreurs se répètent-elles ?

« Nous avons une perception insuffisante du danger. Nous pensons qu'il est toujours difficile de nous marquer un but, mais nous en concédons sur des choses banales. »

Voilà peut-être l'un des points les plus importants de son intervention. Bastoni ne parle pas nécessairement d'un manque de concentration volontaire. Il explique plutôt que l'Inter ne mesure pas toujours suffisamment le danger avant qu'il ne soit trop tard.

Il va même plus loin en estimant que les adversaires ne sont pas nécessairement meilleurs que les Nerazzurri, mais que l'équipe leur offre trop souvent des occasions de marquer sur des situations évitables.

Et à ce niveau, les conséquences peuvent être immédiates. En Champions League, les adversaires disposent souvent de la qualité nécessaire pour sanctionner la moindre approximation. Là où une erreur peut parfois rester sans conséquence en championnat, elle peut coûter très cher sur la scène européenne.

Bastoni refuse pourtant de remettre en question l'identité de jeu de l'équipe. Selon lui, l'Inter reste la même, mais le niveau supérieur des adversaires rend certaines situations plus difficiles à maîtriser. Il devient notamment plus compliqué de revenir dans un match ou de maintenir l'adversaire sous pression.

Le constat mérite réflexion : l'Inter ne doit pas nécessairement tout changer, mais elle doit retrouver cette capacité à lire les situations, à anticiper le danger et à éviter les erreurs qui finissent par lui coûter des points.

Chivu prend ses responsabilités

Les propos de Bastoni ont naturellement conduit les journalistes à interroger Cristian Chivu sur la manière de corriger ces difficultés. Et la réponse de l'entraîneur mérite que l'on s'y attarde.

« Cela me fait plaisir que les joueurs prennent certaines responsabilités, mais le premier responsable, c'est moi, parce que je n'arrive pas à leur transmettre certaines choses. »

Une déclaration forte, qui en dit long sur la manière dont Chivu envisage son rôle. Alors que son défenseur appelle ses coéquipiers à faire preuve de lucidité, l'entraîneur refuse de se placer en retrait et assume sa part dans les problèmes rencontrés par le groupe.

Il rappelle également que la saison précédente avait été importante parce que toutes les composantes du club avaient su prendre leurs responsabilités. C'est précisément cet état d'esprit collectif qu'il souhaite retrouver.

Interrogé sur ce qu'il fallait changer pour que les performances européennes se rapprochent de celles réalisées en Italie, Chivu a évoqué plusieurs éléments : davantage de vigilance, de motivation et de meilleures lectures du jeu. Mais il a aussi reconnu que ces exigences le concernaient directement.

L'entraîneur estime que les erreurs individuelles et les difficultés rencontrées sur le terrain peuvent notamment être liées à un manque d'énergie qu'il n'aurait pas suffisamment réussi à transmettre à ses joueurs.

Il ne s'agit pas pour autant de dédouaner le groupe. Chivu rappelle que ces joueurs évoluent depuis plusieurs années sous une forte pression et que toutes les attentes reposent sur eux. Mais, selon lui, cette considération est aussi le fruit de leur compétitivité et des performances qu'ils ont réalisées.

Cette reconnaissance implique également des responsabilités. Et Chivu ne cherche pas à se dérober : il estime que si l'entraîneur n'est pas prêt à assumer la première part de responsabilité, alors son rôle perd tout son sens.

L'Inter n'est pas parfaite, et Chivu ne veut pas qu'on la présente comme telle

C'est sans doute l'un des passages les plus intéressants de cette conférence de presse.

Interrogé sur les buts encaissés en première période et sur un éventuel problème mental, Chivu a reconnu qu'il devait analyser en profondeur les raisons de ces difficultés. Il a toutefois refusé de réduire la situation à une explication unique, rappelant que de nombreux facteurs peuvent influencer le déroulement d'une rencontre.

L'entraîneur a également insisté sur un point : l'Inter n'est pas une équipe parfaite, pas plus que ses joueurs ne le sont individuellement.

Cette précision peut sembler évidente, mais elle prend une autre dimension lorsqu'on considère les attentes qui entourent le club. Les Nerazzurri sont régulièrement jugés en fonction de leurs ambitions, de la qualité de leur effectif et de leurs performances passées. La moindre contre-performance peut alors prendre des proportions considérables.

« Nous ne sommes pas parfaits en tant qu'équipe, ni individuellement. Nous avons aussi nos problèmes, et certaines choses influencent le déroulement d'un match. Mais je ne veux pas que, lorsque l'Inter perd, cela soit présenté comme un drame national. »

Chivu dénonce ainsi une forme de déséquilibre dans le regard porté sur son équipe. Il a le sentiment que l'Inter est considérée comme obligée de gagner, tandis que les autres formations ne seraient pas soumises aux mêmes exigences.

Faut-il pour autant minimiser les deux défaites européennes ? Certainement pas. L'entraîneur lui-même reconnaît la nécessité d'analyser les problèmes et d'apporter des réponses. Mais entre reconnaître les difficultés et transformer chaque revers en catastrophe, il existe une différence importante.

À mon sens, c'est précisément là que se situe l'enjeu. L'Inter doit accepter les critiques lorsqu'elles sont justifiées, sans pour autant perdre confiance dans ses capacités. La lucidité réclamée par Bastoni doit aller de pair avec la sérénité défendue par Chivu.

La Champions League, un rêve qui exige des actes

Au cours de la conférence de presse, Chivu a également été interrogé sur les ambitions européennes affichées par l'Inter. Sa réponse a été sans ambiguïté : il est inutile de trop parler du passé ou de se projeter au-delà de la prochaine échéance.

« Nous avons dit que la Champions League était un rêve, mais avec deux défaites, il vaut mieux penser au match de demain. Gagner un match de Champions League est la priorité en ce moment. »

Difficile de faire plus clair. Avec deux défaites au compteur, les Nerazzurri doivent d'abord retrouver le chemin de la victoire. Les calculs et les projections viendront ensuite.

Cette approche rejoint finalement les propos de Bastoni. Le défenseur invite à redimensionner les attentes au regard des résultats actuels, tandis que l'entraîneur insiste sur la nécessité de se concentrer exclusivement sur le rendez-vous à venir.

Tous deux rappellent, chacun à leur manière, que les ambitions ne valent que si elles sont accompagnées par des actes.

La rencontre face au Shakhtar sera une première occasion de le démontrer.

Attention au Shakhtar, mais confiance en notre identité

Pour autant, pas question de considérer cette rencontre comme une formalité.

Chivu a décrit le Shakhtar Donetsk comme une équipe forte, expérimentée et techniquement douée, capable de mettre beaucoup d'intensité dans son jeu. Il a également souligné la qualité individuelle de ses joueurs et le travail de son entraîneur.

Le respect de l'adversaire est donc bien présent dans son discours. Mais il ne s'accompagne pas d'une volonté de renoncer à ce qui fait la force de l'Inter.

L'objectif reste de jouer avec confiance, de conserver son identité et d'ajouter les éléments nécessaires pour améliorer le fonctionnement collectif. Chivu a d'ailleurs rappelé que les adversaires cherchent aujourd'hui à battre l'Inter, comme c'était déjà le cas à son époque de joueur.

Ce n'est ni une surprise ni une excuse. C'est la conséquence du statut acquis par les Nerazzurri et de la compétitivité dont ils ont fait preuve ces dernières années.

Il leur appartient désormais de répondre à cette pression par des prestations à la hauteur de leurs capacités.

Ce soir, il faudra montrer les dents

Au fond, les interventions de Bastoni et de Chivu racontent la même histoire : celle d'une équipe qui possède des qualités, mais qui doit retrouver certains réflexes essentiels pour transformer son potentiel en résultats.

Bastoni demande davantage de lucidité, une meilleure perception du danger et une prise de responsabilités individuelle. Chivu, lui, assume son rôle de premier responsable, tout en rappelant que son équipe n'est pas infaillible et qu'elle doit apprendre à mieux réagir face aux difficultés.

Leurs discours ne promettent pas de solution miracle. Ils ne cherchent pas non plus à masquer les problèmes derrière les bons résultats obtenus en championnat. C'est peut-être justement ce qui les rend intéressants : l'Inter semble consciente qu'elle doit progresser, et le rendez-vous face au Shakhtar constitue une première occasion de le démontrer.

Bien sûr, une victoire ne réglerait pas tout. Les problèmes évoqués par les deux hommes ne disparaîtraient pas en nonante minutes. Mais elle permettrait de retrouver un peu de confiance, de relancer la campagne européenne et de remettre la Beneamata sur une trajectoire plus conforme à ses ambitions.

Et puis, il y aura le Meazza, ses tribunes et ses tifosi, qui seront là pour pousser la Beneamata vers la victoire. Dans une compétition aussi exigeante que la Champions League, le soutien du public doit compter, surtout lorsque l'équipe cherche à retrouver confiance et sérénité. Aux Nerazzurri maintenant de répondre présents sur le terrain et de donner à leurs tifosi des raisons de vibrer.

L'Inter n'a pas besoin de regarder trop loin devant elle. Après deux défaites européennes, la priorité est de retrouver le chemin de la victoire, de reprendre confiance et de se donner les moyens de poursuivre son parcours dans cette compétition. Les ambitions viendront naturellement avec les résultats, mais pour l'instant, chaque étape compte.

Face au Shakhtar, l'objectif est donc clair : montrer un autre visage, retrouver le mordant nerazzurro et rappeler que cette équipe a encore de belles choses à offrir sur la scène européenne.

Un match à la fois, sans brûler les étapes, mais avec cette voglia di vincere qui doit toujours accompagner la nostra Inter.

On se retrouve bientôt et surtout... Forza Inter ! 🖤💙

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Il Morso Nerazzurro

Cette chronique exprime le point de vue personnel de son auteur.

Sources, crédits et licence

Gabriel Palmato pour la chronique Il Morso Nerazzurro Utilisation autorisée Calcio Italia Live

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