Il y a des matchs qui vous font passer par toutes les émotions possibles. Celui de ce dimanche après-midi à San Siro en fait incontestablement partie. Face à la Fiorentina, l'Inter a longtemps donné l'impression de se heurter à un mur invisible, comme si le ballon avait décidé de ne jamais franchir la ligne de but. Et lorsque Jiménez a envoyé les Viola devant au tableau d'affichage, je me suis dit que cette partita était véritablement stregata. Pourtant, au bout du compte, les Nerazzurri ont renversé une situation qui semblait désespérée en inscrivant 2 buts dans le temps additionnel. Marcus Thuram à la 90e minute, puis Piotr Zieliński sur penalty à la 97e : San Siro pouvait enfin exploser !
Il faut tout de même revenir sur le scénario de cette rencontre. La première demi-heure n'a franchement pas été passionnante. Il faut dire que notre Beneamata semble avoir perdu un peu de cette pétillance, de ce côté frizzante qui faisait sa force il y a quelque temps. Après avoir encaissé plusieurs buts alors qu'elle se montrait pourtant entreprenante, l'Inter paraît désormais vouloir davantage assurer ses arrières, se montrer un peu plus prudente, quitte à perdre une partie de son allant offensif. Une approche que l'on avait déjà pu observer face au Shakhtar. Cette prudence n'a toutefois pas empêché les Nerazzurri de se faire surprendre une nouvelle fois, alors même qu'ils semblaient avoir progressivement pris le contrôle de la rencontre.
Petit à petit, l'Inter avait en effet commencé à mettre davantage de rythme, à construire ses actions et à pousser la Fiorentina dans ses derniers retranchements. Mais face à elle, David De Gea était bien décidé à compliquer la soirée de notre Beneamata. Le gardien espagnol a livré une prestation de très haut niveau, multipliant les interventions décisives et repoussant les tentatives nerazzurre. Dès la première période, il s'était notamment illustré sur une frappe croisée détournée du pied, puis sur une tête de Pio Esposito juste avant la pause. Et il n'allait pas en rester là. Au fil de la rencontre, il a continué à maintenir la Fiorentina à flot, notamment sur une frappe de Sučić, entré en jeu à la 78e minute, qui a nécessité un arrêt d'instinct remarquable. Pour notre Beneamata, il allait décidément falloir s'armer de patience.
C'est finalement à la 65e minute que la Fiorentina a frappé. Alors que l'Inter cherchait toujours la solution, Jiménez a décoché une magnifique frappe qui a surpris Provedel sur son premier poteau. Il faut reconnaître que le but est superbe. Le personnage, lui, semble un peu moins inspirant, mais ça, c'est une autre histoire ! Pour Provedel, la soirée n'aura d'ailleurs pas été particulièrement chargée. En dehors du but encaissé et d'une grosse parade sur une frappe du gauche de Gnonto, qui aurait pu offrir le 2-0 à la Fiorentina et rendre la tâche des Nerazzurri encore plus compliquée, il n'aura pas eu énormément de travail. Le contraste avec De Gea était saisissant.
À partir de là, on aurait pu croire que le mauvais sort était définitivement jeté sur l'Inter. Mais les Nerazzurri ont continué à pousser, refusant de se résigner. Carlos Augusto a même touché 2 fois la transversale en l'espace de quelques minutes. Deux fois ! Quand je vous disais que cette partita était stregata… Il y a des après-midi où l'on se demande ce qu'il faut faire de plus pour que le ballon accepte enfin de rentrer.
Il y a également cette action, peu après le but de la Fiorentina, qui mérite qu'on s'y arrête. Sur un contact entre Viery et Thuram, l'arbitre Mariani semble d'abord s'orienter vers un penalty avant de changer sa décision. Le doute subsiste sur cette intervention et chacun pourra se faire son idée. En revanche, sur le penalty finalement accordé dans le temps additionnel, il y a beaucoup moins matière à discuter : Valdepeñas fait tomber Thuram dans la surface et l'arbitre désigne le point de penalty. Le Français, qui avait livré une rencontre de grande qualité sur le plan de l'engagement et des duels, a pesé sur la défense adverse et n'a jamais cessé de provoquer.
Il faut aussi souligner un choix de Cristian Chivu. Alors que l'Inter est toujours menée 0-1, l'entraîneur décide de lancer le jeune Lavelli dans la bataille. Le garçon n'a pas démérité et son entrée a été intéressante dans un contexte particulièrement délicat. Ce genre de décision mérite d'être relevé : il faut parfois oser faire confiance à la jeunesse, même lorsque le tableau d'affichage ne vous laisse guère de marge.
Mais venons-en au plat consistant, à ce qui fait aussi battre le cuore nerazzurro : cette volonté de ne jamais rien lâcher, même lorsque le sort semble s'acharner. Il restait 7 minutes pour renverser une situation qui paraissait désespérée, et nos ragazzi ont trouvé les ressources pour le faire. À la 90e, Marcus Thuram a enfin trouvé l'ouverture d'une frappe précise depuis les abords de la surface. Le soulagement était immense, mais l'Inter n'avait pas encore terminé son travail. Ces Nerazzurri non mollano mai ! Quelques instants plus tard, le Français a de nouveau fait parler sa puissance en obtenant un penalty. Piotr Zieliński s'est chargé de le transformer à la 97e minute, faisant basculer San Siro dans une explosion de joie. En l'espace de 7 minutes, l'Inter venait de renverser un match qui semblait lui échapper. Incroyable, tout simplement !
Alors oui, on peut savourer cette remontée. On peut apprécier le caractère d'une équipe qui refuse de baisser les bras, même lorsque le sort semble s'acharner. Et ces 3 points sont précieux pour une Inter qui poursuit son championnat sans défaite. Mais il faudra aussi regarder cette rencontre avec un peu de recul. Face à une Fiorentina qui a longtemps résisté grâce à son organisation défensive et à l'efficacité de son gardien, les Nerazzurri ont dû attendre les toutes dernières secondes pour faire la différence. La victoire est magnifique, mais les difficultés rencontrées devant le but et certaines phases de jeu méritent encore réflexion.
Pour autant, s'il y a bien une chose que cette équipe nous a déjà démontrée à plusieurs reprises cette saison, c'est qu'elle ne renonce jamais. Ces ragazzi ont du cœur, du caractère et cette volonté de se battre jusqu'au dernier instant, même lorsque tout semble perdu. Il cuore nerazzurro, quello vero ! Cette remontée face à la Fiorentina n'est pas un cas isolé, mais un nouvel exemple de cette force de caractère. Questi ragazzi non mollano mai, e lo hanno già dimostrato parecchie volte in questa stagione ! Et c'est aussi pour cela que l'on peut être fier de cette équipe, tout en sachant qu'elle a encore des choses à améliorer.
On se retrouve bientôt et surtout...
Forza Inter ! 🖤💙



