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Il Morso Nerazzurro Publié le 1 novembre 2026 · 01 h 46 · 2 minPar Gabriel Palmato

Un derby perdu sur tous les fronts : l'Inter face à ses propres contradictions...

L'Inter s'incline 3-1 dans le derby face au Milan, au terme d'une rencontre où son entame catastrophique et son manque de caractère lui ont coûté très cher. Au-delà de la défaite, ce revers doit servir d'électrochoc : il est temps pour les Nerazzurri de retrouver leur humilité, leur solidarité et cette « provincialità » évoquée avant le match.

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IL MORSO NERAZZURRO  Un derby perdu sur tous les fronts : l'Inter face à ses propres contradictions...

J'aurais voulu, j'aurais dû, peut-être, commencer cet article d'une autre manière. Mais le soussigné a préféré ne pas écrire à chaud et laisser retomber quelque peu sa température corporelle, car le soussigné est de nature gentille avec sa "Beneamata". Donc je me dois de rester un gentleman. Voilà après ces quelques mots basés sur l'honnêteté, je commencerai comme ceci... " CHIVU ! MA COSA CA*** "... Non, non, on se recalme, on reprend une bonne inspiration, voilà, calme, gentleman, voilà, très bien, donc je commencerai comme ceci...

Il y a des défaites qui font mal, et puis il y a celles qui laissent un goût particulièrement amer. Celle de samedi soir face au Milan appartient clairement à la deuxième catégorie. Perdre un derby n'est jamais agréable, mais la manière dont l'Inter s'est inclinée pose beaucoup de questions. Et franchement, difficile de ne pas être déçu.

On avait pourtant préparé ce rendez-vous avec un discours clair. Après 7 derby sans victoire, il était temps de mettre fin à cette série. On avait parlé de caractère, de solidarité, d'envie et surtout de cette fameuse "provincialità" que Cristian Chivu avait lui-même évoquée avant la rencontre. Pas question de se laisser marcher dessus par les "cugini". Il fallait répondre présent, se battre sur chaque ballon et montrer que cette équipe avait toujours cette fameuse "voglia di vincere".

Mais dès les premières minutes, on a rapidement compris que le message n'était pas vraiment passé.

À peine 4 minutes de jeu et Christian Pulisic ouvrait déjà le score. Six minutes plus tard, Adrien Rabiot doublait la mise. 2-0 après seulement 10 minutes ! Et franchement, à ce stade, ce n'est même plus une mauvaise habitude : c'est devenu une véritable particularité de cette Inter. On a presque l'impression que l'équipe a besoin d'être menée pour commencer à jouer. Combien de fois faudra-t-il encore courir derrière le résultat parce que nous avons complètement manqué notre entame de match ? C'est d'autant plus incompréhensible que tout l'avant-derby avait justement été construit autour de cette nécessité de ne pas laisser Milan prendre les commandes. On savait ce qu'il ne fallait surtout pas faire, on en avait parlé, on l'avait préparé… et pourtant, dix minutes plus tard, le mal était déjà fait. À force de répéter les mêmes erreurs, ce n'est plus une simple mauvaise entame : c'est un problème récurrent qui doit absolument être réglé.

Sur le deuxième but, le ballon de Rabiot prend une trajectoire heureuse, mais cela ne change rien au problème : la défense nerazzurra ne peut pas se permettre de laisser une telle situation se produire. On ne peut pas systématiquement courir après le résultat en offrant à l'adversaire une avance aussi confortable.

Chivu avait décidé de modifier son habituel 3-5-2 pour passer à un 3-4-2-1, avec Diouf et Sucic en soutien de Marcus Thuram. Un choix qui m'a franchement surpris. Ce n'est qu'après la rencontre, en écoutant les explications de Barella et de Chivu, que nous avons appris que Pio Esposito avait été malade durant la semaine et que Bonny avait souffert de fièvre jusque dans les heures précédant le match. Je peux comprendre que ces circonstances aient compliqué les choix de notre "Mister", mais elles ne changent pas mon sentiment sur sa décision. Personnellement, j'aurais préféré que l'Inter reste fidèle à son habituel 3-5-2, un système que les joueurs connaissent parfaitement et dans lequel leurs automatismes sont profondément ancrés. Avant le derby, Amorim avait d'ailleurs souligné que cette équipe avait tellement l'habitude de jouer de cette manière qu'elle pouvait presque le faire les yeux fermés. Alors, même si Pio et Bonny n'étaient pas à 100 %, pourquoi ne pas envisager de les faire jouer une mi-temps chacun, plutôt que de dénaturer tout un équilibre collectif ? À mes yeux, dans un rendez-vous aussi important, il fallait avant tout s'appuyer sur ce que cette équipe sait faire depuis des années(gentleman).

De ce fait, le début de rencontre a montré une équipe désorganisée, qui a eu énormément de mal à trouver ses repères. Le Milan, lui, n'a pas eu besoin de se faire prier. Plus agressifs, plus concentrés et beaucoup plus déterminés dans les duels, les Rossoneri ont immédiatement imposé leur rythme.

Le but de Bastoni à la 21e minute nous a pourtant redonné un peu d'espoir. L'Inter a alors montré un autre visage, a remonté son bloc, mis davantage de pression et commencé à prendre le contrôle de certaines séquences. Pendant un moment, on a même pu croire à un véritable retour dans la rencontre. Et il y a eu cette énorme occasion de Spence, repoussée de manière exceptionnelle par Maignan. Un arrêt qui vaut presque (même certainement) un but, car à 2-2, le derby aurait pu prendre une tout autre tournure.

Mais voilà, le football ne récompense pas toujours les meilleures statistiques. Et alors que l'Inter semblait enfin avoir trouvé un peu de rythme, Milan a repris le dessus. Juste avant la pause, Diego Moreira a transformé son coup franc pour porter le score à 3-1.

Il faudra aussi parler de ce but. Je ne vais pas prétendre que ce coup franc était facile à arrêter, mais je reste convaincu qu'avec un gardien du calibre de Maignan dans nos cages, cette situation aurait peut-être connu une autre issue. Le 16 des "cugini" l'a déjà prouvé à plusieurs reprises : c'est un des top players de cette équipe. Et cette comparaison remet inévitablement sur la table une question qui mérite qu'on s'y attarde : celle de la qualité de notre poste de gardien ces dernières saisons. Ce n'est pas le moment de faire porter toute la responsabilité à un seul joueur, mais ce sujet ne peut pas être balayé sous le tapis.

En seconde période, l'Inter a tenté de pousser(que le soussigné est très gentil avec sa Beneamata), mais sans réellement parvenir à mettre Milan en danger. Les Rossoneri ont parfaitement géré leur avantage, conservé le ballon et fermé les espaces. De notre côté, les changements sont arrivés tardivement (beaucoup, beaucoup trop tardivement) et n'ont pas réussi à modifier le cours de la rencontre.

Et c'est probablement là que ma déception envers Chivu est la plus grande. Je tiens à le préciser : j'apprécie énormément notre "Mister", et même si un derby comme celui-ci est particulièrement difficile à digérer, je ne veux pas que cette soirée fasse oublier tout ce qu'il a déjà apporté à cette équipe(gentleman). Mais hier soir, je l'ai trouvé trop discret, presque absent dans sa gestion de la rencontre. Son choix tactique de départ reste pour moi difficile à comprendre, malgré les explications données après la rencontre concernant l'état de santé de Pio Esposito et de Bonny. Et la difficulté à réagir lorsque le match nous échappait, tout comme le temps pris pour modifier les choses, sont encore plus difficiles à comprendre.

Chivu a reconnu lui-même que l'approche n'avait pas été bonne(cela va sans dire), que l'équipe avait manqué de détermination et qu'il fallait retrouver cette "cattiveria" qui avait davantage caractérisé l'Inter la saison dernière. Il a aussi parlé de cette tendance à se reposer sur les acquis, à oublier parfois que rien n'est jamais gagné d'avance. Des mots importants, qui rejoignent d'ailleurs ceux de Nicolò Barella après la rencontre.

Notre capitaine intérimaire n'a pas cherché à se cacher derrière des excuses. Il a reconnu que l'approche de l'équipe n'était pas bonne, même lors de certaines victoires, et que l'Inter devait retrouver sa solidité collective. Sa phrase mérite qu'on s'y arrête : "Essere i più forti non basta". Être les plus forts ne suffit pas. Il faut le démontrer sur le terrain, dans les efforts, dans les duels et dans la manière d'aborder chaque rencontre.

Et c'est exactement ce qui m'a le plus frappé lors de ce derby.

Le derby, ce n'est pas simplement une question de schéma tactique ou de qualité individuelle. C'est aussi une affaire de rage, mais de la bonne rage. Celle qui pousse à se battre sur chaque ballon, à faire les quelques mètres supplémentaires pour aider un coéquipier en difficulté, à ne jamais abandonner un duel et à aller chercher ce petit supplément d'effort qui peut faire basculer une rencontre.

Pendant une bonne partie du match, Milan a été bien plus capable de le faire que nous. Les Rossoneri ont montré davantage d'agressivité, de concentration et de volonté dans les moments importants. Ils ont joué ce derby comme il devait être joué. Et il faut leur reconnaître : leur victoire est méritée.

Et finalement, je me demande si je n'ai pas été un peu trop sévère avec les "cugini" lorsque j'ai souvent parlé de leur équipe à deux visages. Parce qu'à bien y réfléchir, est-ce que notre Inter ne présente pas exactement le même problème ? Est-ce que mon "Interismo" ne m'aurait pas parfois empêché de voir cette réalité ? Une équipe capable de réagir après avoir été menée, de reprendre le contrôle du jeu pendant une période et même de se montrer largement dominante dans certaines séquences, mais aussi une équipe qui se met trop souvent en difficulté dès les premières minutes et qui manque parfois de cette continuité indispensable au plus haut niveau.

Les chiffres peuvent raconter beaucoup de choses, mais ils ne gagnent pas les matchs. On peut avoir davantage de possession, multiplier les passes et afficher des statistiques positives : si l'adversaire se montre plus déterminé dans les moments décisifs, cela ne sert pas à grand-chose. Il faut de l'agonismo, de l'engagement et cette envie de se battre ensemble. C'est ce qui nous a manqué, et c'est ce que Milan a su afficher.

Cette défaite est d'autant plus difficile à digérer qu'elle intervient après un début de championnat où les points au classement ont parfois masqué des prestations qui n'étaient pas toujours convaincantes. Barella l'a reconnu, Chivu aussi. Il ne suffit plus de regarder le classement et de se rassurer avec les résultats. Il faut regarder le contenu, accepter les critiques et se remettre au travail.

Le Milan remporte donc son quatrième derby consécutif, tandis que l'Inter voit sa série sans victoire face aux "cugini" se prolonger. Et au-delà de cette nouvelle défaite, c'est surtout le sentiment de déjà-vu qui devient préoccupant.

Il n'y a pas lieu de dramatiser toute une saison après une rencontre, mais il est grand temps de revenir sur terre. L'Inter doit retrouver cette humilité, cette faim et cette solidarité qui ont fait sa force. La "provincialità" dont parlait Chivu avant le derby ne doit pas rester une jolie expression glissée dans une conférence de presse. Elle doit se traduire sur le terrain, dans chaque effort et dans chaque ballon disputé.

Parce qu'au fond, on ne demande pas à cette équipe de gagner tous ses matchs. On lui demande de se battre comme une équipe qui sait ce que représente ce maillot, et surtout ce que représente un derby.

Samedi soir, Milan l'a mieux compris que nous.

Et maintenant, fratelli nerazzurri, il va falloir relever la tête. Le calendrier ne nous attendra pas : mardi, c'est déjà la Champions League. Et le meilleur moyen de répondre à cette claque ne sera pas de multiplier les discours, mais de retrouver les actes.

On se retrouve bientôt et surtout,

Sempre Forza Inter ! 🖤💙

PS : Alors le soussigné... Gentleman, hein !

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Il Morso Nerazzurro

Cette chronique exprime le point de vue personnel de son auteur.

Sources, crédits et licence

Source : Gabriel Palmato pour la chronique Il Morso Nerazzurro Visuel original Calcio Italia Live Utilisation autorisée pour Calcio Italia Live

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