Bologna – Inter : 1-3
Une réaction convaincante, mais des doutes qui persistent…
Il y a des victoires qui font du bien, et d’autres qui permettent de remettre certaines choses à leur place. En s’imposant 3-1 sur la pelouse de Bologne, l’Inter a parfaitement répondu à sa déception européenne. Mais si le résultat est convaincant, tout n’a pas été aussi simple que le score pourrait le laisser penser. Entre une première mi-temps inquiétante et une seconde période à sens unique, la squadra nerazzurra nous a fait passer par plusieurs émotions.
Soyons honnêtes, la première période nous a donné quelques sueurs froides. Certes, l’Inter a eu la possession du ballon, mais elle a peiné à se montrer réellement dangereuse. Le jeu manquait de fluidité, les distances entre les lignes n’étaient pas toujours bonnes et, surtout, la défense semblait beaucoup trop statique. Derrière, on avait parfois l’impression que tout pouvait prendre l’eau à la moindre accélération adverse.
Le but de Tommaso Pobega, à la suite d’une perte de balle de Luis Henrique, illustre parfaitement ces difficultés. Le Brésilien commet une erreur lourde de conséquences, mais la responsabilité ne s’arrête pas là : Bisseck se fait surprendre et Akanji arrive en retard. Une action qui résume les approximations d’une équipe trop peu réactive et qui laisse beaucoup trop d’espace à son adversaire. Et le pire, c’est que la réaction attendue après ce but a tardé à venir. Pendant plusieurs minutes, l’Inter a continué à donner l’impression de subir les événements, alors qu’on pouvait légitimement espérer une réponse plus immédiate.
Bologne, lui, ne tarde pas à profiter des errements nerazzurri. Après l’ouverture du score de Pobega, l’Inter peine à reprendre le contrôle et laisse encore trop d’espaces à son adversaire. Les offensives de Bernardeschi et les nouvelles tentatives de Pobega entretiennent l’inquiétude, jusqu’à cette frappe du milieu de terrain qui vient s’écraser sur la transversale. L’Inter est passée tout près de la catastrophe.
Heureusement, le football réserve parfois ces instants capables de changer le cours d’une rencontre. Juste avant la pause, au terme d’une belle action collective construite patiemment, où l’Inter fait circuler le ballon avant de trouver l’ouverture, Nicolò Barella adresse un centre magnifique et Marcus Thuram s’élève pour placer une tête imparable. Un but superbe, autant pour la qualité du geste que pour son importance. Cette égalisation arrive au moment idéal, alors que l’Inter avait besoin de retrouver un peu de confiance avant de regagner les vestiaires. Bologne parvient toutefois encore à se montrer dangereux après ce but, avec une frappe de Cambiaghi repoussée par Josep Martínez. Malgré cette dernière alerte, l’Inter a elle aussi l’occasion de frapper juste avant la pause : sur un centre suivi d’une remise de la tête, Pio Esposito reprend le ballon d’une tête à bout portant, mais Skorupski réalise un superbe réflexe pour préserver le score.
Puis, au retour des vestiaires, le visage de l’Inter change radicalement.
Cette fois, on retrouve une équipe beaucoup plus agressive, mieux organisée et surtout déterminée à imposer son football. Le pressing devient plus intense, les distances entre les lignes sont mieux maîtrisées et Bologne éprouve de plus en plus de difficultés à ressortir de sa moitié de terrain. La Beneamata ne se contente plus de faire circuler le ballon : elle récupère, accélère et étouffe progressivement son adversaire. La deuxième mi-temps devient alors quasiment à sens unique.
Il faut toutefois garder la tête froide lorsqu’on évoque le secteur défensif. Difficile de savoir si les problèmes de la première période ont réellement été corrigés, tant Bologne a rarement réussi à sortir de son camp après la pause. Ce n’est donc pas nécessairement la défense qui s’est soudainement transformée, mais bien l’ensemble de l’équipe qui a haussé son niveau de jeu. La meilleure illustration ? Josep Martínez, quasiment spectateur non payant durant cette seconde période. Une situation évidemment rassurante, même si elle ne suffit pas à effacer les interrogations laissées par les quarante-cinq premières minutes.
Et dans cette transformation, Cristian Chivu a joué un rôle déterminant. Ses changements ont apporté un véritable souffle nouveau à l’équipe. Carlos Augusto, à peine entré en jeu, reprend un ballon à bout portant sur un service de Zieliński et donne l’avantage aux Nerazzurri. Un impact immédiat, qui récompense les choix du technicien roumain et permet à l’Inter de prendre enfin les commandes de la rencontre.
Le Brésilien ne s’arrête pas là. Il participe encore à la construction du troisième but en servant Ange-Yoan Bonny, qui conclut à bout portant après une combinaison initiée par Mkhitaryan, avec Hakan Çalhanoğlu à l’origine de l’action. Entre-temps, l’attaquant français avait déjà cru inscrire son nom au tableau d’affichage, avant de voir son premier but annulé pour un hors-jeu millimétrique. Qu’importe : il finit par trouver la faille et confirme, une nouvelle fois, qu’il peut être une arme précieuse en sortie de banc.
Carlos Augusto et Bonny ont donc été bien plus que de simples solutions de remplacement. Leur entrée a changé la dynamique de la rencontre, tandis que Thuram avait déjà remis l’Inter sur les rails. Trois hommes, trois contributions décisives, mais surtout une victoire construite collectivement, avec une mention particulière pour Chivu et sa capacité à intervenir au bon moment.
Au-delà des trois points, cette rencontre nous laisse donc plusieurs enseignements. Le premier est évidemment la satisfaction de voir l’Inter réagir après sa soirée européenne décevante. Une mauvaise performance ne doit pas tout remettre en question, mais elle exige une réponse. Et cette fois, les Nerazzurri ont répondu sur le terrain, avec du caractère, de l’intensité et une deuxième mi-temps qui rappelle ce dont cette équipe est capable lorsqu’elle joue à son niveau.
Le deuxième enseignement est plus nuancé. Il serait dommage de laisser les difficultés du premier acte disparaître derrière la satisfaction du résultat final. La possession ne suffit pas lorsqu’elle ne s’accompagne pas de danger, et les erreurs défensives observées à Bologne ne peuvent pas être ignorées. Face à un adversaire plus efficace, la soirée aurait pu prendre une tout autre tournure. C’est précisément ce qui doit servir de rappel : l’Inter ne peut pas se permettre de laisser autant d’espaces ni de mettre autant de temps à réagir.
Mais il y a aussi une excellente nouvelle : cette équipe sait encore reprendre le contrôle d’un match, et son banc peut faire la différence. Il faut d’ailleurs rappeler que Chivu devait composer avec plusieurs absences importantes, à commencer par celle de Lautaro Martínez, dont le leadership et l’apport offensif ne sont plus à démontrer. À cela s’ajoutaient les absences de Curtis Jones et de Benjamin Pavard, blessés à la veille de la rencontre, ainsi que celle de Stones, indisponible depuis un moment. Ces absences obligeaient l’entraîneur à revoir ses options, notamment en défense. Avec une arrière-garde presque imposée par les circonstances, l’Inter a pourtant su trouver les ressources nécessaires pour renverser la situation. C’est aussi ce que nous retenons de cette victoire : dans une saison où les rendez-vous s’enchaînent, la profondeur de l’effectif et la capacité des remplaçants à répondre présent seront essentielles.
L’Inter repart donc du Dall’Ara avec une victoire importante, une réaction encourageante et trois points qui font du bien. Tout n’est pas parfait, loin de là, mais la seconde période a rappelé une évidence : lorsque cette équipe hausse son intensité et joue collectivement, elle est capable de faire très mal.
Maintenant, il faudra prolonger cette réaction lors du prochain rendez-vous européen. Car le meilleur moyen de confirmer cette victoire, ce n’est pas de s’en satisfaire, mais de s’appuyer dessus pour avancer.
On se retrouve bientôt et surtout... Forza Inter ! 🖤💙



