Ce Venezia-Inter fait partie de ces matchs qui nous font surtout pousser un grand soupir de soulagement au coup de sifflet final. Notre Beneamata s'impose 0-2 au Penzo, mais il aura fallu patienter, souffrir et compter sur un peu de réussite pour repartir avec les 3 points. Le score est là, le résultat est précieux et l'Inter rejoint la Lazio en tête du classement. Mais soyons honnêtes, ragazzi : cette rencontre n'aura pas été une promenade de santé.
Vous vous souvenez de notre Morso Nerazzurro d'avant-match ? Nous avions justement insisté sur le risque de prendre ce déplacement à la légère, en imaginant que les 3 points seraient presque déjà dans la poche. Venezia nous a rappelé qu'un match se gagne sur le terrain, pas sur le papier. Bien organisés, courageux et capables de se projeter rapidement vers l'avant, les hommes de Davide Nicola ont sérieusement bousculé notre Inter, qui a longtemps cherché la bonne formule pour prendre le dessus.
La première période a d'ailleurs été particulièrement compliquée. À la 29e minute, Lauberbach a cru ouvrir le score pour les Vénitiens, avant que la VAR ne signale une position de hors-jeu d'une demi-épaule. Quelques minutes plus tard, l'attaquant allemand a de nouveau fait trembler la défense nerazzurra, mais Ivan Provedel a sorti le grand jeu en détournant sa tentative sur la barre transversale. De l'autre côté, Bonny a eu une occasion intéressante et Diouf a tenté d'apporter du danger sur son côté, sans que l'Inter parvienne à concrétiser ses initiatives.
Cristian Chivu n'était manifestement pas satisfait de ce qu'il voyait. À la pause, le Mister a décidé de changer 3 joueurs : Bisseck, Sučić et Aleksandar Stanković ont cédé leur place à Akanji, Barella et Calhanoglu. Un choix fort, qui montre bien que l'entraîneur nerazzurro voulait provoquer une réaction. L'Inter a davantage conservé le ballon, mais sans réussir à trouver suffisamment d'espaces face au bloc des Lagunari. Et Venezia a continué à menacer, avec notamment une occasion manquée par Busio, avant qu'un deuxième but, inscrit cette fois par Adams, ne soit lui aussi annulé pour hors-jeu. Il a ensuite fallu un coup de tête de Thuram, passé de peu à côté, pour rappeler que notre Beneamata pouvait aussi faire mal.
Au coup de sifflet final, Provedel n'a d'ailleurs pas cherché à enjoliver la prestation. Le gardien a reconnu que l'Inter n'avait pas livré un grand match, tout en soulignant l'essentiel : les 3 points sont dans la valise. Et difficile de lui donner tort ! Son intervention devant Lauberbach a pesé lourd dans le scénario de la rencontre. Quand une équipe ne parvient pas à imposer son jeu, elle doit aussi pouvoir compter sur un gardien capable de la maintenir à flot. Ce soir-là, Provedel a répondu présent.
La délivrance est finalement arrivée à la 79e minute. Marcus Thuram a fait la différence sur le côté gauche avant de mettre le ballon dans la surface. Moreno, en tentant d'intervenir avant Pio Esposito, a envoyé le ballon dans ses propres filets. Un but contre son camp qui a libéré les Nerazzurri, avant qu'un second autogoal, signé Redouane Halhal à la 82e minute, sur un corner de Calhanoglu dévié par Carlos Augusto, ne permette à l'Inter de porter le score à 0-2. Tout n'a donc pas été brillant, loin de là, mais le tableau d'affichage, lui, ne retient que l'essentiel.
Après la rencontre, Chivu a lui aussi reconnu les difficultés de son équipe. Le Mister a parlé d'un manque d'énergie, d'un jeu trop lent et d'une Inter surprise par le bloc bas adverse, alors même qu'elle s'attendait à ce scénario. Il n'a pas cherché d'excuses et a reconnu que son équipe avait eu un peu de chance, tout en saluant le mérite de Venezia. C'est une analyse lucide, et je préfère largement cela à un discours qui consisterait à faire comme si tout avait été parfait.
Chivu a également rappelé que ce genre de match fait partie d'une saison. Quand les rencontres s'enchaînent tous les 3 jours, les jambes peuvent être lourdes et les idées moins claires. Mais il a insisté sur un point essentiel : même lorsque le jeu ne fonctionne pas comme prévu, il faut rester dans le match, continuer à y croire et se battre jusqu'au bout. C'est ce que l'Inter a réussi à faire au Penzo. Thuram l'a d'ailleurs résumé à sa manière : il fallait rester dans la partie avant de trouver le moyen de marquer et de ramener ces 3 points importants.
Et puis, il y a le chiffre qui mérite aussi d'être souligné. Avec cette victoire, notre Inter atteint les 25 points après 9 journées de Serie A, une première pour le club depuis l'instauration du système des victoires à 3 points. Un départ remarquable, qui confirme les ambitions de la Beneamata et lui permet de rester au sommet, à égalité avec la Lazio. Ce record ne transforme pas soudainement cette prestation en chef-d'œuvre, mais il rappelle que, malgré les imperfections, le parcours de notre Beneamata est particulièrement solide.
C'est justement là que réside l'intérêt de cette soirée : savoir apprécier le résultat sans fermer les yeux sur ce qui doit être amélioré. Chivu lui-même l'a reconnu : l'Inter peut et doit progresser. Il attend davantage de détermination, d'intensité et de qualité dans le jeu. Il a aussi salué l'implication de son groupe, en rappelant que les succès de la saison précédente ne garantissent rien pour la suite. En clair, il faut continuer à travailler, garder cette envie de gagner et ne jamais se satisfaire du minimum.
Et maintenant, le derby della Madonnina ! Samedi, l'AC Milan se dressera sur la route de notre Beneamata dans un rendez-vous qui se suffit à lui-même. Pendant que l'Inter allait chercher sa victoire à Venezia, les Rossoneri s'inclinaient à domicile face à Bologna (2-4). Deux résultats bien différents avant un rendez-vous aussi particulier : avec 25 points, notre Inter compte désormais 7 longueurs d'avance sur le Milan, qui devra digérer sa défaite. Autant dire que les Rossoneri auront certainement les crocs et une revanche à prendre ! Mais notre Beneamata devra surtout penser à elle-même : après les efforts consentis au Penzo, il faudra récupérer et retrouver de l'énergie. Chivu l'a expliqué : les batteries mentales devront être rechargées pour se présenter prêts à ce grand rendez-vous. Pas question de tirer des conclusions définitives après une soirée comme celle-ci, mais pas question non plus d'ignorer les signaux envoyés par le match.
Au fond, je retiens surtout une chose : toutes les victoires ne se ressemblent pas, et toutes ne sont pas forcément belles. Celle-ci n'aura peut-être pas marqué les esprits par la qualité du jeu, mais elle permet à l'Inter de poursuivre sa route, d'atteindre un cap historique et d'aborder le derby avec un résultat positif. Dans une saison longue et exigeante, il y a aussi des matchs où le beau jeu doit parfois laisser place au combat et à la détermination, où chaque ballon se dispute et où le caractère compte autant que le talent. Des rencontres où il faut tenir bon, ne rien lâcher et trouver, coûte que coûte, le moyen d'aller chercher les 3 points.
Alors, ragazzi, savourons ces 3 points, mais gardons les pieds sur terre. Le record est là, la tête du classement aussi, et le prochain rendez-vous est déjà immense. Place au derby della Madonnina : il faudra davantage d'énergie, de justesse et de personnalité pour espérer faire la différence.
Dai, ragazzi, è arrivato il momento di rivincere un derby ! La dernière victoire de l'Inter dans le derby remonte au 22 avril 2024. Un souvenir magnifique pour les Nerazzurri, puisque ce succès avait également permis à notre Beneamata de décrocher le 20e Scudetto. Depuis, le temps a passé et l'attente commence à se faire longue. Alors, cette fois, on espère retrouver cette joie si particulière de battre nos cugini et savourer une victoire qui compte toujours un peu plus que les autres.
Forza ragazzi, riprendiamoci il derby !
On se retrouve bientôt et surtout...
Forza Inter ! 🖤💙



