INTER 2010 : UNE SAISON QUI A COMMENCÉ BIEN AVANT MADRID
Seize ans après le Triplete historique de l'Inter, certains souvenirs restent intacts. Pour ce tifoso nerazzurro, l'histoire ne commence pas à Madrid, ni même au début de la saison 2009-2010. Elle commence un an plus tôt, après l'élimination contre Manchester United.
« J'aurais tellement de trucs à te dire, bello... »
Il se souvient notamment de la conviction que José Mourinho avait réussi à transmettre au vestiaire.
« Comme l'ont dit beaucoup de joueurs, Mourinho a réussi à leur mettre dans la tête que l'année prochaine, on la gagne. »
LE DERBY 4-0 : LE VÉRITABLE DÉCLIC
« Pour moi, le début de toute cette saison incroyable, c'est la victoire 4-0 dans le derby. »
Le 29 août 2009, l'Inter écrase l'AC Milan. Un résultat qui, dans sa mémoire, donne le ton d'une saison hors du commun.
KIEV : LE SOIR OÙ TOUT AURAIT PU BASCULER
Un autre souvenir reste profondément gravé : le déplacement au Dynamo Kiev.
« La victoire à Kiev, arrivée dans les dernières minutes, Milito et Sneijder, 86e et 89e, pour retourner le but d'un de mes adversaires de toujours, Andreï Shevchenko, était un autre tournant. Parce que si on ne gagne pas ce match, je ne suis pas sûr qu'on sortait du groupe. »
Ce 4 novembre 2009, l'Inter renverse effectivement la rencontre pour s'imposer 2-1. Pour notre supporter, cette remontée constitue l'un des actes fondateurs du futur sacre européen.
CHELSEA, LE CSKA ET LA BOLGIA DI SAN SIRO
« La difficulté du match aller des huitièmes de finale contre Chelsea à domicile, c'était quelque chose. Mais au bout, il y a quand même la victoire 2-1. Et puis au match retour, le but d'Eto'o... Rien que d'y penser, j'en ai des frissons. »
Puis vient le CSKA Moscou.
« Un adversaire qui paraissait simple sur le papier, et il a quand même fallu les gagner, ces deux matchs. »
Mais la demi-finale face au FC Barcelone reste à part.
« Le match à domicile extraordinaire, la bolgia di San Siro, indimenticabile ! Le match retour à dix contre onze pendant quasiment tout le match... »
La qualification contre le Barça symbolise à ses yeux toute la force mentale de cette équipe.
BAYERN : UNE FINALE PRESQUE PLUS FACILE
« En fin de compte, pour moi, le match qui a été le plus facile, ça a été la finale contre le Bayern Munich. »
Une impression surprenante, mais révélatrice de la confiance qu'il avait acquise dans cette équipe.
À Madrid, Diego Milito inscrit les deux buts de la victoire. L'Inter retrouve le sommet de l'Europe et complète son Triplete.
LE SCUDETTO : ENTRE DOUTES ET SOULAGEMENT
Le championnat, lui aussi, a connu ses moments de tension.
« La victoire 0-4 dans le premier derby de la saison, elle a lancé cette saison. Puis le championnat s'est déroulé plus ou moins bien jusqu'à arriver au double déplacement en Sicile. »
Il se souvient de la défaite contre Catane, du match compliqué à Palerme, puis du revers à Rome.
« Là, je me dis : ça devient chaud. »
La victoire contre la Juventus change alors son état d'esprit.
« La victoire 2-0 contre la Juve va me remettre du baume au cœur. »
Et le dénouement arrive à Sienne, lors de la dernière journée.
« Ce fameux match contre Siena et le but décisif, comme toujours, del Principe Milito. »
LA COPPA ITALIA : ENCORE MILITO !
« La Coppa Italia, quand tu regardes, elle n'a pas été si difficile, à part le quart de finale contre la Juve. Pour le reste, jouer Livorno en huitième et la Fiorentina en demi-finale aller-retour, c'était pas grand-chose ! »
Mais il restait une finale contre la Roma.
« Bref, victoire 1-0 à l'Olimpico. Suis-je obligé de te donner le nom du buteur ? »
Diego Milito, évidemment.
MORATTI, MOURINHO, ZANETTI, MILITO... ET TOUS LES AUTRES
Lorsqu'on lui demande de désigner les grands artisans du Triplete, notre Interista hésite. Non pas parce qu'il manque de noms, mais parce qu'il y en a trop.
« In primis, il presidente Massimo Moratti. Il a mis tout ce qu'il avait en vingt ans. »
« En deux, José Mourinho, l'artisan numéro un de la mission impossible. En trois, capitan Zanetti. En quatre, Diego Milito, décisif... »
Et puis vient le reste du groupe.
« En cinq, tutta questa c**** di squadra di campioni ! Da Julio Cesar a Matrix, passando da Maicon e Thiago Motta, senza dimenticare Samuel, Eto'o, Pandev, Sneijder, lo stesso Balotelli, Cambiasso, il Drago Stankovic, Cordoba, Lucio e pure Santon ! »
Impossible, pour lui, de réduire cette aventure à un seul homme.
« Tout ça n'a été possible que parce qu'il y avait tous ces hommes ensemble, au même endroit, au même moment, et tous focalisés sur le même objectif qui s'est créé au fur et à mesure que les résultats arrivaient. »
2010 : UNE ANNÉE HISTORIQUE, AUSSI DANS SA VIE
Et puis, au milieu de tous ces souvenirs footballistiques, une confidence rend son témoignage encore plus personnel.
« Bref, année fantastique, surtout pour moi parce que cette même année, je devenais papa ! »
Le Triplete de l'Inter ne représente donc pas seulement trois trophées.
C'est aussi une année de vie, des émotions familiales, des souvenirs qui ne disparaîtront jamais.
« PER SEMPRE RIMARREMO I PRIMI »
Pour conclure, notre supporter résume cette aventure avec une conviction intacte.
« Personne, je dis bien personne, n'aurait pu prévoir ce Capolavoro ! »
Et il termine par ces mots, comme une déclaration d'amour éternelle à son Inter :
« Forse un giorno non saremo più gli unici, ma per sempre rimarremo i primi ! »
Peut-être qu'un jour nous ne serons plus les seuls, mais nous resterons pour toujours les premiers.
Seize ans plus tard, pour ce tifoso nerazzurro, rien n'a changé. Le Triplete de 2010 reste bien plus qu'une victoire sportive : un morceau de sa vie, à jamais gravé en noir et bleu.
CALCIO ITALIA LIVE — TÉMOIGNAGE D'UN INTERISTA



